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Quenelles

Source : WJRF - Supplément V1 WJRF - Livre de Base, proposé par Fenryll.

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Latitude : 54.78038 | Longitude : -44.91938

Quenelles

Cité (Pop. inconnue)
Aisée (3)
Quenelles, Bretonnie.
Source de richesse inconnue.
Forces inconnues.
Ventes : - / Achats : -

 

Quenelles se situe à 80 km de la forêt de Loren, sur les rives de La Brienne. Les bateaux de mer peuvent accéder à la ville mais, au-delà, seules les plus petites embarcations et les péniches à fond plat peuvent naviguer sur le fleuve étroit et peu profond.

Quenelles est une cité sombre, sordide, où les maisons se serrent les unes contre les autres et où les rues négligées sont utilisées comme décharges d'ordures et de corruptions de toutes sortes. Autrefois, la ville était ceinte de murs mais des générations de négligence et d'expansion désordonnée les ont laissés s'effondrer parfois en écrasant du même coup quelques maisons adjacentes. Des constructions ultérieures ont étendu la ville hors de l'enceinte primitive créant un certain nombre de bidonvilles à peu près aussi sordide que les taudis de la ville originelle.

L'aristocratie de Quenelles vit dans de grands manoirs dont les hautes tours, parfois brisées, surplombent la cité depuis les collines au nord. Ils sont aussi complaisants et décadents que n'importe quel aristocrate de Bretonnie mais leur réputation de cruauté est très bien établie, même dans des régions où ce comportement est courant. Malheureusement pour la population, le gouverneur et la milice sont les pires de tous. La criminalité est, bien entendu, très forte au sein de la population oppressée pour qui la nourriture est rare et la monnaie quasiment inconnue. Les châtiments sont sévères pour ceux qui se font prendre, plus spécialement si l'infraction tend à léser la classe supérieure. Il n'est pas rare que des mutilations et des tortures viennent châtier des crimes mineurs. On rencontre souvent, dans les rues, des gens défigurés ou marqués aux fers rouges. Ce sadisme inhérent des habitants de la cité dénonce une corruption interne des plus hideuses, qui, elle-même, constitue une preuve de la présence dévorante du Chaos dont le mal est en train d'imprégner toute la société Bretonnienne

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Quenelles, corruption et abomination

Grand pays voisin de l'Empire, épargné par les attaques les plus directes des armées du Chaos, la Bretonnie coule des jours qu'elle croit paisibles à l'abri de la corruption et de la pourriture. Mais il n'en est rien. En réalité l'influence du Chaos se fait ici sentir de manière moins franche, plus insidieuse ; mais elle n'en est pas moins très réelle. Pourtant, le pays parait plus riant que l'Empire. Les forêts sont tout aussi impénétrables mais leur étendue ne provoque pas la même sensation d'étouffement ; le climat est tempéré et la terre prodigue sans rechigner ses richesses : blé et vin ; le bétail prospère et la vie coule, facile et paisible... en apparence. Mais si la nature semble épargnée, la corruption ronge l'âme des hommes. Cruauté, sadisme, injustice, oppression sont quelques-uns des fléaux qui règnent en maîtres dans les grandes villes de Bretonnie, et particulièrement à Quenelles.

Quenelles est située dans la partie sud de la Bretonnie, sur le fleuve Brienne, à environ une centaine de kilomètres de la forêt de Loren, le principal habitat des elfes sylvains (voir la carte de la p.272 de WJRF). C'est une ville fort ancienne, dont les origines se perdent dans la nuit des temps et aussi, avec ses 15000 habitants, la plus peuplée du royaume après Guisoreux. Quenelles pousse jusqu'aux extrêmes les stigmates du Chaos qui marquent la société bretonienne et particulièrement son « élite », la noblesse. Les nobles y sont d'une cruauté à faire frémir même des pirates de Sartosa, et le peuple y vit dans un état de dénuement et d'oppression continuels capables de faire regretter à un Arabe son ghetto de Magritta.

La cité tire l'essentiel de sa richesse du commerce. De très nombreux affluents de la Brienne descendent des montagnes lrrana, à environ 200 km au sud, et traversent des plaines depuis longtemps colonisées par l'homme pour sa terre grasse et productive. Le produit des cultures est amené à Quenelles d'où il repart en chariot pour Parravon et le nord de la Bretonnie, et en bateau pour Bordeleaux, Marienburg ou les royaumes estaliens. En effet, la Brienne est navigable par des vaisseaux de haute mer jusqu'à Quenelles. Au-delà, seules des péniches à fond plat peuvent remonter jusqu'à l'orée de la forêt de Loren, mais les relations commerciales avec les elfes, qui n'ont jamais été bien importantes, se sont encore raréfiées ces dernières années. Les Sylvains n'apprécient guère le relent de Chaos qu'exhale la grande cité des hommes.

La ville est construite le long du fleuve, et plus exactement le long d'un bras mort de la Brienne communément appelé l'Étouffé, et du bras principal qui s'élargit à cet endroit pour laisser la place à trois îles de trôner en son milieu. Ces îles sont le centre historique de la ville, où s'installèrent les premiers habitants, Plus tard, ils annexèrent la langue de terre entre les deux bras du fleuve, aujourd'hui appelée le Dard, où l'on trouve d'ailleurs les ruines d'anciens remparts. Elles témoignent qu'à une époque les autorités de la cité eurent le souci de la sécurité des habitants. C'est une époque révolue et ce qui reste des ouvrages défensifs est utilisé à bien d'autres fins. Quenelles aujourd'hui déborde de l'autre côté de l'Étouffé, sur des petites collines qui sont devenues le lieu de résidence de la noblesse ; et aussi sur la rive sud de la Brienne dont se sont emparés commerçants et artisans.

Malgré ce développement anarchique, le fonctionnement de la cité est d'une cohérence redoutable. Tout tend à renforcer le pouvoir et la richesse des nobles. Selon un édit royal fort ancien, le port de Quenelles possède l'exclusivité de l'embarquement des produits agricoles de la région. Les nobles, qui sont aussi les principaux propriétaires terriens, se sont ainsi arrangés pour profiter aussi de la commercialisation de leur production. Pour éviter l'implantation de guildes marchandes trop fortes, la noblesse a mis au point un stratagème qui fonctionne fort bien : le port et les docks, où les marchandises sont embarquées et débarquées, sont situés sur le Dard ; or aucune route ne permet d'accéder à cette langue de terre à cause du marais (le Vomi, nom local) à l'ouest et des collines au nord. Toutes les marchandises doivent donc emprunter l'un des deux ponts qui enjambent la Brienne. Évidemment, le passage est soumis à une taxe, taxe qui bénéficie en partie à la ville (théoriquement) et est reversée en partie aux commerçants au prorata de la quantité de marchandises qu'ils font transiter chaque mois. Si, par exemple, un propriétaire terrien vend son blé place des Postillons et que ce même blé emprunte l'un des ponts pour être embarqué, le propriétaire touche une partie de la taxe prélevée. En d'autres termes, les nobles de Quenelles sont riches, très riches.

Ces messieurs de la noblesse

Quenelles est une ville où la richesse la plus provocante côtoie la misère la plus extrême. La noblesse a depuis longtemps quitté les ruelles infâmes des îles pour s'installer sur les collines au nord de la ville, appelées les Buttes aux Éperviers. Là se succèdent, au fur et à mesure que l'on se dirige vers les sommets, de belles maisons, puis de superbes manoirs et enfin des palais somptueux. Les plus grandes propriétés possèdent un jardin, le plus souvent en escalier, avec vue sur la ville et ses environs. Les nobles ne se déplacent jamais sans une suite aussi nombreuse que possible : amis, domestiques, solliciteurs, tout ce petit monde s'agite dans un tourbillon de vêtements chamarrés. Paraître étant une chose primordiale, les nobles rivalisent d'extravagance dans leur mise. La plupart portent des perruques ; hommes comme femmes sont fortement maquillés, s'inondent de parfums et s'apostrophent dans un Occidental nasillard et précieux. Même si les miliciens de la cité leur sont tout dévoués, ils sortent rarement sans un ou deux gardes du corps et ne marchent pratiquement jamais. Chaque famille possède plusieurs véhicules, carrosses ou cabriolets. Des chaises à porteurs sillonnent sans arrêt les Buttes. La principale destination des nobles est le Dard. Cette partie de la ville ne vit que par et pour la noblesse, ou plutôt ses loisirs. Théâtres, cercles de jeux, maisons closes, etc., proposent tous les plaisirs que l'argent peut acheter. Une arène a été récemment construite où des Quenellois désespérés affrontent des créatures du Chaos ramenées de la Voûte dans l'espoir, souvent rendu vain par un coup de griffe, d'acquérir richesse et gloire. De nombreux établissements se sont tout simplement installés dans les ruines des anciens remparts, comme par exemple La rose et le Fouet, maison spécialisée dans les pratiques sexuelles d'un genre particulier, qui occupe une tour hexagonale rénovée qui plonge immédiatement les clients dans l'ambiance.

Les nobles cachent une rivalité féroce sous une courtoisie de façade. Extrêmement polis entre eux, lis respectent une étiquette subtile mais stricte, difficile à saisir pour l'étranger, mais qui peut se résumer ainsi : plus vous avez d'argent, plus vous avez de pouvoir et plus on vous respecte. La communauté des Buttes suit avec une attention soutenue les aléas de fortune de ses membres. De grosses pertes au jeu ou la disparition en mer d'une cargaison sont souvent synonymes de dégringolade dans l'échelle sociale. En revanche, tous les nobles se rejoignent dans leur manière de traiter les gens tu peuple : au mieux avec mépris, au pire avec sadisme. Il n'est pas rare de voir un carrosse précédé d'un garde du corps fouettant tous ceux qui ne libèrent pas le passage assez vite, ou encore un noble tenant un fer rouge avec lequel il marque, par jeu, tous les gueux qui ont le malheur de passer à sa portée...

Beaucoup de nobles portent des stigmates du Chaos. Ils les masquent sous des tonnes de fard et des vêtements amples, mais les chairs en putréfaction et les mutations ne sont pas rares. Certains affichent aussi ouvertement leurs croyances chaotiques. Mais ils sont rares, car c'est une pratique désapprouvée par le gouverneur royal et ils prennent en plus le risque d'être assassinés par les fidèles d'un culte rival.

Dard et Quenouilles

A l'ouest du Dard s'étend une zone marécageuse dans laquelle vient se perdre l'Étouffé. Le nom de Vomi que lui donnent les Quenellois évoque avec justesse l'odeur qui se dégage de cet enchevêtrement de végétation pourrissant au milieu d'une eau stagnante. Il y a eu de nombreuses tentatives d'assèchement du marais dans le passé mais depuis des années maintenant la cité ne s'en soucie plus et le Vomi s'étend de plus en plus, comme s'il tendait une main putréfiée pour se saisir de la ville. Son odeur nauséabonde, poussée par le vent d'ouest, porte de plus en plus souvent jusqu'au Dard et aux îles.

À l'extrémité est du Dard, le fort de l'Églantier est le QG de la garde. C'est l'un des rares éléments des anciennes défenses qui soit encore en parfait état. Surnommés les « quenouilles » par le peuple, les miliciens sont nombreux et compensent leur manque d'entraînement par une brutalité certaine. Corrompus et peu scrupuleux, ils remplissent fort bien leur principale mission : maintenir les gens du peuple dans leur rôle, celui de victimes. La partie sud du Dard, le long de la Brienne, est la zone réservée aux docks et aux entrepôts de marchandises. L'endroit est totalement désert la nuit.

La rive sud de la Brienne est nettement plus animée. La place des Postillons est le centre névralgique de cette partie de la ville. C'est une vaste place ronde autour de laquelle se trouvent les bureaux des principaux marchands indépendants et des représentants des nobles les plus riches. C'est là, soit au cours de ventes aux enchères sur la place, soit dans le secret d'un bureau, que se concluent la plupart des affaires. À l'ouest de la place, le quartier des Gros Sous est sans aucun doute le coin le plus vivable de Quenelles. C'est là qu'habitent petits commerçants, agriculteurs prospères qui préfèrent vivre en ville, riches artisans, etc. C'est aussi là que se trouvent les auberges les plus sympathiques, celles du Dard étant plus chères ou proposant des services spéciaux que tous les voyageurs ne considèrent pas indispensables... De nombreuses tavernes accueillent les nuits agitées des étudiants de l'université, ironiquement spécialisée en droit. À l'est de la place des Postillons, le nouveau quartier est, comme son nom l'indique, la partie la plus récente de la cité. C'est là que vivent et travaillent la plupart des artisans, ainsi que les étudiants les plus pauvres. Une petite communauté de nains s'est aussi installée là, aux limites de la ville.

Quenelles

Les îles

Les trois îles au centre de la Brienne sont l'un des endroits les plus atroces de tout le Vieux Monde. Environ 8000 êtres humains s'entassent là dans des conditions épouvantables. Les trois îles, qui ont pour nom la Veuve, l'Orphelin et l'infirme, constituent la partie la plus ancienne de la ville. Ce n'est qu'une succession de ruelles étroites (au mieux, on touche les murs en écartant les bras) bordées de maisons en bois à deux ou trois étages, branlantes, mal entretenues et adosses les unes aux autres, Le feu est un risque permanent et une catastrophe redoutée. L'une des professions les plus courantes est celle de poisseur, qui consiste à enduire les murs d'une résine résistante au feu mais qu'il faut appliquer régulièrement, car elle s'écaille facilement en séchant. Cette poix ne sent pas particulièrement bon et son odeur vient se mêler à toutes les autres. Il faut bien l'admettre, dans les îles, ça pue vraiment. Le visiteur a l'impression de se cogner dans un mur d'odeurs : mélange de sueur, de pisse, de sang, de nourriture rance ou pourrissante, le choc est terrible et a de quoi faire rendre son dernier repas même à un aventurier habitué aux relents putrides du Chaos.

La population, nommée les ilois par les gens des deux rives, vit dans la misère la plus noire. Elle est composée de manouvriers qui travaillent aux docks, de journaliers agricoles qui, hors saison, passent le temps comme ils peuvent, de domestiques, d'apprentis, et bien sûr de tire-laine, cambrioleurs et autres contrebandiers. Tout ce petit monde vit entassé les uns sur les autres dans des conditions sanitaires déplorables. Les épidémies ne sont pas rares. De nombreuses bandes se sont arrogées le droit de faire respecter la loi, du moins leur loi, et les rixes à mains nues ou au couteau sont monnaie courante. Mais les bandes préfèrent s'affronter d'île en île, et il n'est pas rare de voir ceux de la Veuve faire une descente en règle chez ceux de l'Orphelin. Les quenouilles n'hésitent pas eux non plus à visiter les îles. Ils viennent toujours en nombre et fortement armés. Les miliciens sont souvent bien mieux renseignés qu'on pourrait le croire : depuis la nomination du nouveau capitaine, la délation est encouragée et grassement récompensée. La milice n'hésite pas à pratiquer la politique de la terreur, châtiant des habitants pris au hasard en attendant de mettre la main sur les véritables responsables. D'ailleurs, on trouve des cages métalliques disséminées un peu partout. Suspendues à des poteaux dressés exprès, elles sont de formes très différentes et ont toutes comme point commun de ne pas respecter l'anatomie humaine, obligeant les prisonniers à se tenir dans des positions humiliantes et douloureuses.

Deux ponts enjambent la Brienne et relient le Dard à la rive sud du fleuve. L'un débouche place des Postillons, l'autre dans le quartier des Gros Sous. Suffisamment larges pour permettre à deux carrosses de se croiser, ce sont des réalisations impressionnantes, dont les arches se voient de loin quand on voyage sur la Brienne. Plusieurs piliers reposent sur les îles de la Veuve et de l'Orphelin, mais les escaliers qui permettent de rejoindre les ponts eux-mêmes ont été détruits sur ordre du gouverneur royal. Pour rejoindre les berges, les liais n'ont pas d'autres choix que de nager ou d'utiliser un bateau. Cela explique la prolifération d'embarcations de toutes tailles et natures, depuis la barque de pêche à fond plat jusqu'à la caisse à savon qui commence à prendre l'eau au bout de dix mètres. De la même façon, aucun pont ne relie les trois îles entre elles. Là aussi il faut nager, utiliser une embarcation ou marcher sur les bancs de sable instables que le courant dépose aux endroits calmes. La méthode la plus courante est de marcher sur des cordes disposées en V au ras de l'eau. Plusieurs de ces ponts suspendus sommaires relient en permanence les îles entre elles, mais il faut rester vigilant en les empruntant, car couper les cordes alors que plusieurs personnes sont à mi-parcours est une plaisanterie courante à Quenelles. Toujours dans le domaine de la plaisanterie, il faut mentionner les deux catapultes installées le long des docks, soi-disant pour des raisons défensives, en réalité pour le plus grand plaisir des jeunes nobles qui s'amusent à se défier par équipes à un jeu très amusant : une embarcation coulée, trois points ; chavirée, un point ; un noyé, cinq points...

Le conseil des échevins

Comme dans la plupart des villes de Bretonnie, le gouvernement de la cité est entre les mains d'un conseil constitué de neuf membres, les échevins. Les décisions sont prises à la majorité relative. Le gouverneur royal, représentant du roi, a la possibilité de légiférer par décrets dans certaines circonstances. Bien entendu, le conseil ne représente et ne défend pas d'autres intérêts que ceux de la noblesse. Ses représentants sont élus tous les deux ans par groupe de deux (un échevin reste donc en poste pendant huit ans). Le scrutin est bien entendu censitaire. Seules les personnes résidant à Quenelles et pouvant justifier de leurs quartiers de noblesse ou de richesses importantes possèdent le droit de vote. 

Attention Spoiler !
Personnages joueurs, n'allez pas plus loin ! La description des membres du conseils contient des informations qu'il vaut mieux vous abstenir de lire pour jouer le scénario Casus Belli - La Morr dans l'âme, où d'autres scénarios pouvant se dérouler à Quenelles.

Les membres actuels du conseil sont :

  • Le gouverneur royal, Guy de Voulpre. Le marquis de Voulpre est un homme extrêmement compétent dans le domaine qui permet en Bretonnie d'obtenir le pouvoir le plus rapidement possible : l'intrigue. Âgé de quarante-huit ans, de taille moyenne mais fortement charpenté, portant une barbe noire en collier, de Voulpre est en poste depuis six ans et il se plaît à Quenelles. À son arrivée, il a trouvé une ville selon son coeur : corrompue, violente et cruelle. Il se contente d'accompagner en douceur la longue glissade des mentalités vers le Chaos et de tisser un réseau d'espionnage qui lui permet d'avoir une idée assez juste (mais pas suffisamment, comme on le verra plus loin) de ce qui se trame dans la cité. Ce n'est pas du luxe dans une ville où de plus en plus de cultes chaotiques bourgeonnent comme des champignons vénéneux à la mauvaise saison. De Voulpre n'a aucun scrupule à pratiquer le chantage, l'enlèvement, l'assassinat... bref, toute pratique qui lui permet d'asseoir son pouvoir. Le gouverneur est aussi l'un des démonistes les plus puissants de Quenelles, encore qu'il ait toujours dissimulé cette activité. Bien que marqué par le Chaos, de Voulpre a gardé suffisamment de lucidité pour donner le change.
     
  • Duc Aymé de Lorme. Les De Lorme sont l'une des plus anciennes familles de Quenelles. Le duc est un homme assez jeune, une trentaine d'années, grand, le nez busqué, d'apparence hautaine. Il est convaincu de la supériorité de son sang, mais cela ne l'empêche pas de montrer une certaine compassion devant le spectacle de la misère. De Lorme a longtemps vécu à Parravon et il n'est revenu à Quenelles qu'il y a trois ans. Scandalisé par l'état de déréliction de la cité, il a commencé à s'activer pour « nettoyer tout ça ». Plutôt que de s'en faire un ennemi, le gouverneur a manoeuvré pour le faire élire au conseil où, sous le couvert de son approbation, il lui est plus facile d'étouffer le zèle de ce noble un rien trop impétueux. Il est à noter que de Larme est un fidèle de Véréna.
     
  • Comte Maxence de la Fenouillère. Le comte, un homme très grand et très mince, la cinquantaine grisonnante, est l'un des plus gros propriétaires terriens de Quenelles. La seule chose qui l'intéresse, c'est que rien ne change et que ses domaines continuent à rapporter. Il vote toujours dans le même sens que le gouverneur qu'il juge très compétent.
     
  • Baron Hurain de Cagagnac. De Cagagnac est un homme massif, au visage porcin, qui tente de dissimuler ses bourrelets de graisse derrière des vêtements amples et invariablement mal coupés. Son apparence renseigne assez justement sur son caractère : c'est une brute. Habitué des expéditions nocturnes dans les îles, entouré de quelques spadassins sans scrupules, il n'aime rien tant que de traquer une proie. Au fond c'est un chasseur ; mais un chasseur d'hommes. Le baron est un bon ami du capitaine Gwenaël d'Arceau. Ses votes sont souvent imprévisibles et obéissent à des foucades soudaines. Il n'aime pas trop Frochant et de Voujor, qu'il juge trop mielleux.
     
  • Vicomte Léandre de Voujor. Petit et sec comme un coup de trique, de Voujor est un débauché, tout à fait représentatif d'une bonne partie de la noblesse de Quenelles. Tout ce qui l'intéresse est de jouir, encore et toujours. Blasé par les petits plaisirs innocents de la vie de tous les jours, ratonnades, mutilations, prostitution, il n'aime rien tant que les longues soirées de tortures sexuelles dans les donjons du Dard. Il se désintéresse totalement des affaires de la cité ; c'est d'ailleurs la raison pour laquelle de Voulpre a arrangé son élection. Le vicomte ne fait aucune difficulté pour voter dans le même sens que son bienfaiteur.
     
  • Chevalier Gwenaël d'Arceau, capitaine de la garde. D'Arceau est un jeune homme d'à peine trente ans, aux cheveux châtains bouclés et aux yeux bleus. Sa fine moustache, son rire franc qui dévoile une dentition éclatante, son uniforme toujours impeccable, sa prestance naturelle enfin, en font un séducteur irrésistible. Conscient de sa beauté, le capitaine promène sur la gent féminine un regard dominateur, justifié par ses innombrables conquêtes. Issu d'une famille ruinée de la basse noblesse, d'Arceau a été repéré par le gouverneur qui a discerné en lui une ambition dévorante et une cruauté irrépressible qu'il a su encourager. Le chevalier a réorganisé la milice de manière efficace et sa cote ne cesse de monter auprès de la noblesse de Quenelles. Il vote dans le même sens que de Voulpre.
     
  • Maître Jehan Frochant. Grand, dégingandé, laid, affublé d'un nez long comme une péninsule (comme on dit au théâtre), Frochant est néanmoins l'un des roturiers les plus populaires auprès de la noblesse. La raison en est son art. Frochant est parfumeur et l'un des meilleurs qui n'ait jamais foulé le sol du Vieux Monde. Installé à Quenelles depuis une douzaine d'années, il a su petit à petit conquérir tous les faiseurs d'opinion grâce à ses parfums d'une subtilité et d'une richesse confondantes. Aujourd'hui, il est le fournisseur quasi exclusif de toute la noblesse, Il n'hésite pas à concevoir, pour ses clients les plus prestigieux, des fragrances personnalisées, totalement originales. Dans une ville qui pue autant que Quenelles, son art est inestimable, d'autant plus qu'il lui donne un aspect mystérieux, promettant, à mots couverts, que ses parfums possèdent des pouvoirs étonnants. Certains chassent l'insomnie, d'autres disposent favorablement les gens en faveur de ceux qui les portent... Mais le maître parfumeur est aussi un homme de secrets et d'activités occultes. Bien que tout le monde au conseil l'ignore, y compris le gouverneur, il est le chef de l'Anneau d'Or, une guilde d'assassins auxquels beaucoup, au sein de la noblesse, ont recours. Frochant est aussi à la tête de la Porte rouge, un culte dédié à l'adoration de Khaine, le seigneur du meurtre.
     
  • Maitre Olier Grumaud. Grumaud n'a pas du tout le physique que l'on imagine pour quelqu'un de sa profession (oiseleur). Il est petit et rondouillard, avec une tête hypertrophiée surmontée d'un toupet de cheveux rebelles. Dernier élu au conseil, voici deux ans, avec Aymé de Lorme, il bénéficie d'un phénomène de mode. Toute la noblesse s'est entichée de ses oiseaux qu'il dresse, il faut l'avouer, extrêmement bien. Ses deux plus grands succès sont les éperviers de combat que des nobles poudrés et emperruqués portent virilement sur le bras... d'un serviteur et lâchent sur des îlois impuissants ou sur d'autres éperviers ; et les perruches au plumage bariolé qui, enfermées à plusieurs dizaines dans d'immenses volières, sifflent ensemble, parfois, un chant à la beauté étrange et envoûtante. Sorti de ses oiseaux, maître Grumaud fait preuve d'un discernement digne d'une de ses perruches. C'est pourquoi il se range sagement aux avis du gouverneur ou du duc de Lorme, qu'il admire sincèrement.
     
  • Omphale d'Athénée, grande prêtresse de Véréna. Aussi surprenant que cela puisse paraître aujourd'hui, le culte de Véréna, déesse de l'étude et de la justice, était autrefois le culte dominant de Quenelles. Véréna est même la protectrice de l'université. Mais la foi des Quenellois n'est plus ce qu'elle était. Beaucoup se sont éloignés des anciennes croyances et ne pratiquent plus, quand ils ne se sont pas carrément tournés vers l'adoration d'un dieu du Chaos. Néanmoins, le culte de Véréna reste vivace, suffisamment pour que la prêtresse soit régulièrement réélue tous les huit ans. D'Athénée est une femme d'une quarantaine d'années, grande, blonde, à la beauté morne. Issue d'une famille de la petite noblesse, elle a toujours vécu à Quenelles. Jusqu'à récemment, c'était avec résignation qu'elle voyait sa ville arborer de plus en plus nettement les stigmates du Chaos. Son culte, qui tenait autrefois sa puissance de son implantation au sein de la noblesse, survit aujourd'hui, paradoxalement, grâce à la foi des plus humbles. Sans doute la situation du temple, en plein milieu de la Veuve, et la revendication de justice inhérente au culte sont-ils responsables de cet état de fait. Mais depuis l'élection au conseil d'Aymé de Lorme, la prêtresse a repris espoir et retrouvé de son mordant en même temps qu'un allié. Elle appuie systématiquement les revendications du duc et se méfie du gouverneur qu'elle n'apprécie guère.
     
Source : Casus Belli Casus Belli n°121
En cache depuis le 22/06/2020