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Tempêtes sur Brionne

Source : Web - Arnheim - Kundun, proposé par Fenryll.

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Thème : Aventure

Joueurs : 3 / 5

Difficulté : Facile

Lecture : ~12mn. (2798 mots)

Découverte Gestion de personnes Infiltration Organisation Poursuite


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Depuis toujours, Brionne est surnommée "La cité des voleurs" : la moitié de sa population vit directement du crime, à commencer par les autorités ; même le gouverneur et sa milice sont impliqués. Les pirates et les trafiquants de tout poil considèrent la ville comme un refuge sûr, et le gouverneur, Raoul de Brionne, s'enrichit en entretenant sa propre flotte de trafiquants et en prélevant des taxes. La société brionnaise s'accommode parfaitement de cet état de fait et Ranald, dieu des voleurs, est vénéré par la grande majorité des brionnais.

1. On embauche cambrioleurs...

Les PJ, de passage à Brionne, en Bretonnie, sont embauchés par l'intermédiaire d'un malfrat à la petite semaine, Fréon Nicopet, pour une affaire juteuse et sans danger. Il s'agit de cambrioler un notaire pour lui voler un livre à la couverture rouge et marqué "Journal de bord", qui doit se trouver dans son coffre. Fréon fournit un plan détaillé de la maison et l'emplacement du coffre, sans en dire plus sur le fond de l'histoire. Les PJ doivent le retrouver à l'auberge de la Chaloupe démâtée, une fois leur coup accompli.

Les PJ sont en fait embauchés par le pirate Pive-au-goulot pour cambrioler Nestor Solufe, notaire de Brionne, car ce dernier fait chanter le pirate en menaçant de le dénoncer au gouverneur. Pive-au-goulot se livre en effet au trafic d'esclave qui est interdit en Bretonnie et de plus ne verse aucune commission au gouverneur sur son trafic. Les PJ doivent récupérer chez Solufe le document compromettant qui prouve que le pirate se livre au trafic d'esclave : son livre de bord écrit de sa main et que le notaire lui avait dérobé par l'intermédiaire d'hommes de main.

Pendant la journée, les PJ peuvent parcourir librement les rues de Brionne, mais ils doivent se méfier des voleurs de bourses... A moins qu'ils n'aient précisé au MJ qu'ils dissimulaient leur bourse, l'un d'eux sera vraisemblablement victime d'un vol à la tire en se promenant dans les rues. (Tirer un PJ au hasard et lui faire faire un test pour savoir s'il sent le voleur lui couper la bourse).

Les PJ rencontrent au hasard de leurs pérégrinations un prophète des rues, que personne n'écoute : "Brionne la catin, repens-toi de tes vices ! Le châtiment de Hogar est sur toi, et il est imminent !" Cet illuminé, Ramon Escobar, est un Estalien adepte du nouveau culte de Hogar, mais il n'a rien à voir avec les projets d'invasion de la flotte Estalienne et incitera simplement quiconque l'écoute à renoncer à une vie malhonnête et à partir en pèlerinage au petit village de Crofula, en Estalie, où se serait manifesté l'esprit de Hogar aux premiers croyants.

Solufe habite au 17 rue des Serruriers. Sa maison est une grande bâtisse cossue, comme ses voisines. La rue des Serruriers est une des artères principales de Brionne, où vivent les plus riches des escrocs de Brionne. Il va sans dire que pareille fortune étalée au grand jour dans la cité des voleurs bénéficie d'une protection spéciale : chaque nuit, des portes gigantesques situées à chaque extrémité de la rue sont fermées par une milice spéciale payée par les habitants des riches villas, et la même milice patrouille toute la nuit le long de la rue.

2. "Ah, les béjaunes !"

Le cambriolage doit avoir lieu la nuit, l'activité de la journée interdisant toute activité de ce genre. Les PJ se heurtent à plusieurs obstacles : ils doivent tout d'abord franchir les portes de la rue des Serruriers (le meilleur moyen est de passer par les toits. Les gardes de la milice ont peu de chances d'être corrompus, et cette opération serait assez risquée et très coûteuse. Ce genre de renseignement s'obtient auprès d'un malfrat quelconque dans la première taverne venue). La villa est ensuite bien fortifiée, avec des barreaux à chaque fenêtre. Cependant, elle présente deux faiblesses : le toit de chaume qui peut être facilement percé pour s'introduire dans le grenier, et la cave par laquelle on peut accéder en perçant le mur depuis les égouts. Si les PJ ne trouvent pas d'idée pour entrer, faites-leur découvrir l'un de ces deux points faibles (ou les deux) par un intermédiaire quelconque : payer un voleur expérimenté pour des conseils, faire un test en exploitation minière (pour les égouts), en sixième sens, en vol à la tire...

En arrivant chez Nestor Solufe, les PJ découvrent le cadavre du notaire. Celui-ci vient d'être assassiné par des espions Estaliens qui viennent de lui dérober le plan des défenses de la ville. En repartant des lieux de leur crime, les Estaliens se sont heurtés à la milice et après un âpre combat qui coûta la vie à l'un d'eux, ils se sont finalement échappés. Les PJ sont capturés par la milice au moment où ils s'apprêtaient à sortir de la maison du notaire.

Aussitôt emmenés chez le gouverneur, ils sont jugés par ce dernier et condamnés à mort pour leur meurtre. Le cadavre de l'Estalien est présenté au gouverneur en même temps que les PJ, qui peuvent l'examiner sommairement, et réaliser peut-être qu'il s'agit d'un Estalien portant un symbole étrange tatoué sous le poignet : une grande étoile à neuf branches. En réussissant un test d'écoute, les PJ peuvent même entendre le chef des garde murmurer quelque chose à l'oreille du gouverneur, à propos de plans qui auraient disparu de la maison de Solufe. Il s'agit des plans de défense de la ville dont le notaire avait la garde, et dont les voleurs Estaliens se sont emparés.

Les PJ sont conduits en prison en attendant leur exécution. Après une fouille sommaire, tous leurs objets, leurs armes et leur argent leur sont confisqués, sauf s'ils avaient pris la peine de les dissimuler sous leurs vêtements (auquel cas ils devront réussir un test de déguisement ou de dissimulation) La prison de la forteresse de Raoul de Brionne se situe dans les sous-sols : c'est une immense salle où est entassée une vingtaine de prisonniers qui attendent pour la plupart leur exécution, certains depuis des mois. Les PJ sont immédiatement abordés par le prisonnier Bébert dit "la potence" (car lui-même ancien bourreau). Ce dernier s'exprime dans un langage imagé, argot du "milieu" brionnais. Voici un exemple de ce qu'il pourrait dire aux PJ tout juste jetés en prison :

"Alors, les béjaunes, on s'est fait gauler comme des bleus ? Ah, ces goupineurs qui s'prennent pour de vrais tire-laines, ça m'a toujours fendu l'fion. Moi c'est Bébert "la potence", à vot' service. Vous daubez pas, au gnouf personne brille, mais avec mézigue vous pouvez trouver d'quoi vous en mettre plein la lampe, sans trop morfler du morlingue ! J'ai des p'tits arrangements avec les artoupans, voyez, et du rabiot, j'en ai des bardées ! Mais... C'est-y qu'vous avez d'l'artiche, vous autres ?"
Il y a fort à parier que les PJ n'y comprendront pas grand-chose... Aussi Bébert poursuivra-t-il la conversation en langage "châtié", compréhensible par tous. Les seules informations intéressantes qu'il détient sont les suivantes : il peut procurer à peu près tout aux PJ, (sauf des armes, des explosifs...) étant de mèche avec les geôliers. Les geôliers ne sont pas corruptibles, à moins d'y mettre vraiment le prix (500 couronnes par tête pour les faire évader). Un des prisonniers, Ernest "la taupe" se serait évadé quelques années auparavant, et personne n'a jamais su comment. (Il existe une canalisation d'eau passant derrière un mur, et il suffit de desceller une pierre pour s'y glisser et finalement retomber dans les égouts. Ernest a pris ce chemin en remettant la pierre en place après son passage. Il est possible de découvrir la canalisation en écoutant aux murs le bruit que fait l'eau qui y coule, en réussissant un test d'écoute, d'exploitation minière...)

Bébert se moquera des PJ si ces derniers lui racontent toute leur histoire. D'après lui, ils se sont fait berner par leur commanditaire et n'ont été engagés que pour porter le chapeau. Cette réflexion devrait inciter les PJ à se venger de Fréon ou tout du moins à vouloir connaître la vérité.

3. Pive-au-goulot et les pirates

Une fois évadés, les PJ chercheront probablement à connaître le fin mot de l'histoire. Faites-leur comprendre qu'ils n'ont rien à gagner à tenter de fuir la ville sans chercher plus loin : d'abord les issues sont fortement gardées, leur tête est mise à prix avec portraits assez ressemblants placardés dans toute la ville, et tous les marins qui embarqueraient des passagers ont pour consigne de la part du gouverneur de vérifier l'identité de leurs passagers.

Ils chercheront vraisemblablement à retrouver Fréon Nicopet. Ce dernier ne se trouve plus à l'auberge de la Chaloupe démâtée, mais les PJ pourront facilement apprendre qu'il fréquente régulièrement les prostituées du quai Sainte-Bernadette(-de-la-rédemption-par-le-fouet-et-les-menottes). On peut le retrouver dans l'établissement de "Madame" Claudine, une maquerelle ronde et accueillante.

Qu'ils fassent avouer Fréon ou qu'ils se contentent de le suivre, ce dernier les orientera vers le pirate Pive-au-goulot, leur véritable commanditaire. Le pirate, un gros marin roux et barbu, commandant d'une poigne de fer dans un gant d'acier son navire et son équipage, leur expliquera après quelques négociations qu'il n'est pour rien dans leurs ennuis et qu'il n'a pas cherché à les faire capturer pour couvrir le meurtre de Nestor Solufe. Il les payera grassement s'ils ont pu lui ramener le livre de bord qu'il avait demandé (si les PJ l'ont racheté ou "récupéré" auprès des geôliers!) mais il ne leur expliquera pas la nature du chantage dont il était victime. Si les PJ veulent le faire chanter à leur tour (ils devront pour cela savoir lire le contenu du journal de bord !) c'est possible, mais risqué. Les accidents sont si vite arrivés dans Brionne... surtout quand ils sont provoqués par la guilde des pirates !

Le journal de bord de Pive-au-goulot
Si les PJ savent lire, ils peuvent vouloir tenter de percer le secret du pirate en lisant son journal de bord. Hélas, celui-ci est écrit entièrement en langage codé utilisé par la guilde des pirates (voir langages de guildes) et il y a peu de chances que les PJ le connaissent à moins d'avoir suivi une carrière de pirate, ou de s'adresser à un marin qui soit en mesure de le comprendre. Le journal est le récit des exploits de Pive-au-goulot et de son équipage, et raconte la prise de navires par les pirates. A plusieurs reprises, il mentionne la vente comme esclaves de marins bretonniens à l'arabe Rachid El-Rarbul, activité interdite en Bretonnie. Pive-au-goulot parle aussi de son repaire, sa "réserve" comme il l'appelle, sans mentionner pour autant où il se trouve.

Quoi qu'il en soit, Pive-au-goulot est au courant de toute leur histoire et il leur offrira une solution à tous leurs problèmes en leur expliquant qu'il croit savoir qui a assassiné le notaire. Il ne peut pas leur en dire plus, mais il consent à leur montrer l'endroit où, selon lui, les assassins de Nestor Solufe auraient trouvé refuge. Il s'agit de la petite île d'Eygal, qui a une très mauvaise réputation auprès des marins, qui la croient maudite et peuplée de démons. Lui-même jure qu'il ne les y conduirait pas pour tout l'or du monde.

Le pirate sait avec une certitude étonnante que les assassins ont leur repaire au nord de l'île, dans une crique isolée. Il découragera autant que possible les PJ d'aborder l'île par le sud, car les côtes sont escarpées et les récifs affleurent à la surface et rendent toute navigation impossible. Pour preuve de ses dires, il leur montre un symbole sur la carte à cet endroit (une ligne rouge tordue) qui signifie, prétend-il, la présence de récifs.

Pive-au-goulot cherche en fait à éloigner le plus possible les PJ du sud de l'île, car il a lui-même établi son repaire là-bas il y a des années, dans une grotte secrète connue de lui seul et de son équipage. La grotte est accessible depuis la mer par un bateau à condition de connaître et d'éviter les écueils sous-marins. Dans la grotte, les pirates ont aménagé des maisons, des entrepôts, une auberge et surtout de grandes prisons pour les malheureux qu'ils ont capturés pour les vendre comme esclaves. Tous les trois mois, un vaisseau des sultanats d'Arabie commandé par Rachid El-Rarbul vient prendre livraison de la cargaison d'esclaves, et la prochaine livraison est prévue pour dans deux jours ! Par malchance, c'est précisément Eygal qu'a choisie la flotte d'invasion Estalienne comme avant-poste, et même si les Estaliens n'ont pas découvert le repère des pirates ils peuvent tomber par hasard sur le navire arabe et l'arraisonner aussitôt ! Pive-au-goulot cherche donc à envoyer les PJ récupérer les plans des défenses de Brionne, découvrir les plans d'invasion des Estaliens et alerter le gouverneur afin qu'il prenne toutes les mesures de défense nécessaires, tout en évitant que son repaire soit découvert.

4. Sur l'île d'Eygal

Les PJ devront donc trouver un moyen de se rendre sur l'île. En cherchant bien sur le port, et en demandant conseil à Pive-au-goulot, ils pourront demander au vieux Théodule, qui ne croit "ni à Dieu ni à Diable" de les conduire sur Eygal moyennant une bonne rémunération, à marchander. Ce dernier les débarquera où ils voudront, à l'exception du sud de l'île impraticable à la navigation à moins de connaître les récifs à éviter. L'île est recouverte d'une végétation dense composée dans l'ensemble de taillis et de petits arbustes. Le camp Estalien est établi près de la crique Nord, où sont déjà amarrés une vingtaine de navires. Les tentes des soldats et des généraux sont dressées dans un camp entouré d'une palissade de fortune.

L'une des tentes du camp estalien contient de nombreux barils de poudre à canon, entreposée là en vue de la prochaine invasion. Les Estaliens gardent fortement cette tente ainsi que celle où sont conservés tous les plans de leur état-major.

En cherchant du côté sud de l'île, les PJ pourront découvrir une entrée depuis la terre creusée dans la cave d'une vieille bergerie abandonnée. Après un long tunnel, ils déboucheront dans la grotte qui sert de repère à Pive-au-goulot.

La meilleure solution pour les PJ est de se glisser dans le camp (vêtus d'uniformes Estaliens saisis sur des soldats assommés ?) et de repérer la tente de l'état-major. De nuit, ils pourront tenter un nouveau cambriolage afin de récupérer la carte des défenses de Brionne et celle du plan d'invasion. A moins qu'ils ne se contentent, plus habilement, de copier cette dernière avant de retourner à Brionne avertir le gouverneur... Les PJ malins comprendront également qu'ils ont un intérêt à faire cesser le trafic d'esclave et pourront dénoncer Pive-au-goulot ou libérer ses captifs.

Prévenir le gouverneur directement pour agir en compagnie de ses hommes, ou tenter de faire de même avec les hommes de Pive-au-goulot aidera les PJ à se faciliter la tâche. Un bon moyen de faire diversion consiste à faire simuler une attaque massive sur le camp estalien par des complices tandis que les PJ s'infiltrent dans le camp pour dérober les plans et éventuellement mettre le feu à la réserve de poudre...

Répartition des points d'XP
  • Découvrir le complot Estalien : 20 pts
  • Découvrir le trafic d'esclaves et y mettre fin d'une manière ou d'une autre : 100 pts
  • Ramener le journal à Pive-au-goulot : 40 pts
  • Se blanchir auprès du gouverneur et l'aider à déjouer le complot Estalien : 100 pts
  • Combats et utilisation des caractéristiques réussies : 50 pts
  • Roleplay, suivant l'interprétation : de 0 à 100 pts
© Kundïn, Janvier 2004 - Si vous avez fait jouer ce scenario, merci d'envoyer vos éventuelles remarques ou critiques à l'adresse suivante : khroumir @ yahoo.fr