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Quand Annalisa vint à la ville

Thème : Mystère

Joueurs : 3 / 5

Difficulté : Difficile

Lecture : ~19mn. (4645 mots)

Dialogues Infiltration Organisation Poursuite

Source : Casus Belli Magazine - Casus Belli n°90, proposé par Fenryll.

Altdorf, par une belle nuit d'été. Les personnages sont réveillés peu après minuit par un vacarme infernal, juste sous leurs fenêtres : des appels au secours et le cliquetis caractéristique des épées qui s'entrechoquent. A moins que les PJ ne soient blasés, ils devraient jeter un coup d'oeil.
Un jeune homme, adossé au mur de leur auberge, combat quatre malandrins qui se bousculent pour mieux l'atteindre. Derrière eux, une demi-douzaine d'autres sbires attendent une occasion d'entrer dans la mêlée. A l'arrière plan, on distingue un gros carrosse noir qui s'éloigne à toute allure. Il ne tarde pas à tourner et sortir du champ de vision des PJ. Le jeune homme se défend de son mieux, mais il est clair qu'il ne va pas tarder à être submergé sous le nombre.
Laissez aux PJ quelques secondes pour s'emparer d'une arme et se précipiter à son secours. Les Spadassins sont nombreux, mais ce sont d'assez mauvais combattants et ils sont plutôt lâches, Une intervention magique les fera fuir immédiatement, tout comme l'arrivée sur le champ de bataille de deux ou trois individus déterminés. Ils tenteront de ramasser ceux des leurs qui sont restés sur le carreau, mais Ils n'en font pas une priorité. lis préfèrent de très loin sauver leur peau.
Le combat terminé, le jeune homme se présente comme étant Franz Grüben, « étudiant, serviteur de Dame Fortune et présentement à votre service, mes amis ». Il a manifestement l'intention de partir immédiatement à la poursuite du carrosse. Mais ses forces le trahissent, et Il s'écroule dans les bras des PJ...

Et si... les PJ ne se dérangent pas ?
Grüben finira par prendre un coup d'épée en pleine poitrine, et les Spadassins le laisseront pour mort. L'aubergiste ira alors le recueillir et il l'installera dans une chambre, non loin des appartements des PJ. Si ces derniers ne vont pas prendre de ses nouvelles, c'est vraiment qu'ils n'ont aucune curiosité !

Franz Grüben

C'est un jeune homme brun, mince et souriant. Pour l'heure, il souffre d'une demi-douzaine d'estafilades douloureuses et d'une blessure un peu plus sérieuse à la jambe gauche. Sa syncope est surtout due à la fatigue et à la perte de sang.
Grûben n'a rien sur lui qui puisse indiquer son adresse... Il reprend connaissance le lendemain matin, mais reste faible. N'importe quel médecin pourra leur dire qu'il a besoin de plusieurs jours de repos total. Mais il n'est pas décidé à rester couché : il insiste pour se lever, sa blessure se rouvre, il reperd connaissance... Bref, les PJ devraient se convaincre que s'ils ne l'aident pas, ce sympathique jeune homme marche droit à la mort. Lorsqu'ils l'auront un peu calmé, ils pourront lui faire raconter son histoire. « Il y a quelques semaines, j'ai rencontré Annalisa, dans une taverne du quartier des étudiants. Elle est merveilleuse, nous nous aimons... mais elle a toujours refusé de me parler de son passé. Hier soir, nous nous promenions au bord du fleuve, lorsque nous avons remarqué que nous étions suivis. Ils étaient une dizaine. Ils nous ont traqués jusqu'ici et ont réussi à nous encercler. Je me défends assez bien avec une épée, mais ça n'a pas suffi. Ils ont pris Annalisa. Et maintenant, je suis cloué ici, et Sigmar sait ce qu'ils sont en train de lui faire ! ». Avec ça, si les PJ ne se sentent pas émus et ne lui proposent pas de l'aider, c'est à désespérer... Il se montre très reconnaissant. Il leur donne l'adresse d'Annalisa (Pension du Grand Livre) et celle du bar où ils se sont rencontrés, et où elle avait visiblement ses habitudes (La Rose blanche). Il ne sait pas grand-chose de plus sur elle, à part son nom, bien sûr (Annalisa Schmitt).

Le dessous des cartes
L'histoire de Grûben est tout à fait exacte, mais il ne connaît qu'une toute petite partie de la vérité. Annalisa est la fille naturelle d'un très haut personnage qui, pour des raisons politiques, l'a fait élever à la campagne. Parvenue à l'âge adulte, l'existence trop paisible qu'elle menait a cessé de satisfaire Annalisa, et elle s'est enfuie pour Altdorf. Elle y a passé quelques semaines très excitantes, perdue dans la foule des étudiants de l'université. Le hasard l'a mise en contact avec certains jeunes gens professant des idées jugées subversives par les autorités. C'est au cours de cette période qu'elle rencontra Grüben.
Les nouveaux amis d'Annalisa, considérés comme dangereux par le pouvoir en place, sont surveillés en permanence par des agents de la prévôté. L'un de ces espions remarqua la jeune fille et, séduit par sa beauté, décida de l'enlever et de la remettre à son véritable employeur, le Baron von Rachern , un nobliau qui affiche un goût prononcé pour les jeunes filles sanglotantes et terrorisées. L'opération a parfaitement réussi... à ceci près que les PJ vont s'en mêler.

Les Spadassins
Si certains des agresseurs ont été capturés, leur interrogatoire s'avérera assez décevant. Ce sont de simples crapules, qui ne savent pas pour qui ils travaillent et s'en moquent éperdument. Ils ont été recrutés deux jours plus tôt par un homme dont le visage était dissimulé par un loup noir. Ils avaient pour mission de capturer une jeune fille nommée Annalisa et de l'amener Au Joyeux Marinier, une auberge située en dehors de la ville. Le carrosse et le cocher étaient fournis par leur employeur.
Au Joyeux Marinier, on se souvient assez bien des deux hommes qui ont loué un salon privé la veille au soir. Ils ont attendu qu'un carrosse noir arrive, visiblement avec beaucoup d'impatience. Dès qu'il est entré dans la cour, ils s'y sont engouffrés, et sont repartis à toute vitesse vers Altdorf. L'aubergiste, un halfeling absolument pas physionomiste, est désolé de ne pouvoir leur être plus utile : « Vous savez, pour moi, toutes les grandes-gens se ressemblent. Et puis, je les ai vus pendant quelques secondes, pas plus. ».

A l'université
Un immense complexe situé sur la rive nord du Reik, au milieu d'un des quartiers les plus animés d'Altdorf. Les PJ n'ont normalement pas grand-chose à y faire, à part chercher quelques renseignements complémentaires sur Grüben et Annalisa. La chancellerie, le département qui gère les inscriptions et les dossiers scolaires des étudiants, est peuplée de bureaucrates incapables et mesquins. Heureusement, ils sont corruptibles... Moyennant quelques heures de patience et une dizaine de couronnes, les PJ peuvent découvrir que :
- Franz Grüben est inscrit en droit. Titulaire d'une bourse payée par la ville de Grünburg, il est correctement noté, sans plus. Il lui reste trois ans pour obtenir son diplôme;
- Aucune « Annalisa Schmitt » n'est inscrite, dans quelque matière que ce soit.

La Pension du Grand Livre
Depuis son arrivée à Altdorf, Annalisa habitait dans une petite maison, située au fond d'une impasse. L'extérieur ne paye pas de mine, mais c'est un établissement honnête, plus proche de la pension de famille victorienne que du bouge. Les locataires sont des gens relativement aisés, plutôt âgés et casaniers : trois professeurs, un écrivain public, deux copistes et un prêtre de Shaylia. Les tarifs sont élevés, le règlement intérieur assez strict... Bref, c'est un endroit bizarre pour une jeune fille.
La patronne, Fraülein Nermeer, est une vieille fille sèche et revêche. Elle a une certaine sympathie pour Annalisa, « une jeune personne très comme il faut, qui payait toujours d'avance ».
Elle s'inquiète un peu pour elle, mais cela ne l'empêchera pas de se montrer extrêmement désagréable avec les PJ, pour peu qu'ils ne soient pas « présentables ». Par ailleurs, elle considère Grüben (qu'elle a aperçu à deux ou trois reprises) comme « un bon à rien ».
Si les PJ sont convaincants, Fraülein Nermeer accepte de laisser le groupe visiter la chambre d'Annalisa. Il n'y a malheureusement rien à y trouver, à part quelques livres vaguement subversifs et une centaine de couronnes en or (tout ce qui reste de l'argent qu'elle a dérobé à son tuteur avant de partir pour la grande ville).
Sarmandel (voir ci-dessous) lui rendra sans doute visite un peu avant le passage des PJ. Si ces derniers lui ont fait bonne impression, elle leur parlera de ce « grand elfe » qui est venu demander des nouvelles d'Annalisa, et qui a visité sa chambre.

Sennerion Sarmandel
Sarmandel est un magicien elfe qui exerce, en dilettante, une activité assez proche de celle d'un détective privé. Il a été engagé par le père d'Annallsa (dont il ne révélera jamais l'identité. A la rigueur, il pourrait faire allusion à un « illustre client », mais c'est tout). Sa mission est simple : retrouver Annalisa et l'amener au couvent de la Merci qui est tenu par les soeurs de Shaylla. Le père d'Annalisa a estimé que quelques mois de réclusion s'imposaient pour sa fille...
Accessoirement, Sarmandel a été chargé de faire le vide autour de la jeune fille, pas nécessairement par la violence, mais s'il apprend l'existence de Grüben, il fera l'impossible pour l'expédier à l'autre bout de l'Empire (il peut, dans les limites du raisonnable, réquisitionner les autorités, et n'hésitera pas, par exemple, à faire arrêter Grüben sous une fausse accusation).
Sarmandel est grand et mince, avec des yeux bleu clair et des cheveux blond-blanc. C'est un spécialiste du déguisement, et il est tout à fait capable de se faire passer pour un humain. Il est extrêmement intelligent, et a tendance à se montrer un peu condescendant avec les gens qu'il considère comme moins doués que lui (à peu près tout le monde, en fait).
A vous de régler ses apparitions. il va tourner autour du Grand Livre, de La Rose blanche...
Les PJ l'apercevront sans doute de loin, entendront parler de lui, mais ne le rencontreront pas. Du moins, pas tout de suite. Gardez-le dans votre manche pour aider les PJ qui se placeraient dans une situation difficile, ou pour le final, lorsqu'ils devront délivrer Annalisa. Si vous les voyez patauger, vous pouvez aussi vous arranger pour qu'il les contacte et leur fournisse les informations manquantes.
Sarmandel n'a rien contre l'idée de faire alliance avec les PJ, à partir du moment où ils comprennent bien que c'est lui, et pas eux, qui prend les décisions. Évidemment, les personnages pourraient être d'un tout autre avis...

La Rose blanche
Une petite taverne, perpétuellement enfumée, dans une rue adjacente à la faculté de théologie. Le propriétaire (et barman) est un vieux nain obèse, que les habitués appellent « oncle Grumpy ». Son véritable nom est Grumgardn HacheSanglante, mais même lui n'est pas loin de l'avoir oublié. Les serveuses sont accortes et peu farouches, et les clients sont, dans leur immense majorité, des étudiants désireux de faire de leurs armées d'études une fête perpétuelle. Ils sont tous jeunes, élégants, relativement riches, et sans aucune expérience du monde réel. Autrement dit, dans un tel environnement, la plupart des PJ sont repérables comme le nez au milieu de la figure...
L'approche la plus sensée consiste à entrer et à demander des nouvelles d'Annalisa au patron, mais attendez-vous à ce que les personnages tournent autour du pot et préparent des ruses très compliquées. En gros, la réaction de Grumpy sera « ah oui, la petite Annalisa. Vous avez de la chance, ses amis sont tous là ce soir ». Il les guide alors dans l'arrière-salle, frappe trois fois à la porte d'un salon privé et s'efface pour les laisser entrer. Les PJ se retrouvent dans une petite pièce enfumée, où cinq jeunes gens les regardent de travers...

Les conspirateurs
La police d'Altdorf, qui a tendance à dramatiser, considère les amis d'Annalisa comme de « dangereux conspirateurs ». En fait, ce sont des étudiants idéalistes, qui ont lu trop de textes de philosophie politique pour leur propre bien.
(Petite note historique : cinq ans plus tôt, Altdorf a été le théâtre d'émeutes très violentes. En fait, l'Empire est passé à deux doigts d'une révolution. L'un des principaux inspirateurs du mouvement était le professeur Brustellin, de l'Université, qui a trouvé la mort au cours des combats. Son livre, L'anatomie sociale, a été mis à l'index... ce qui n'empêche pas de nombreuses versions de circuler sous le manteau. Si vous avez envie d'en savoir plus et si vous lisez l'anglais dans le texte, reportez-vous au roman Beasts in Velvet, de Jack Yeovil).
Les membres de la Rose blanche se réunissent deux à trois fois par semaine dans l'arrière-salle du cabaret du même nom, et refont le monde autour d'un pichet de vin. Tous sont étudiants, d'origine relativement modeste, et professent un solide mépris pour la noblesse « parasite qui dévore tes forces vives de l'Empire ». Ils ont le bon sens de rester discrets, mais il ne s'agit pas vraiment d'une société secrète...
Ils sont catastrophés par l'annonce de la disparition d'Annalisa, mais ne savent pas grand-chose sur elle. Elle disait être arrivée en ville il y a moins de trois mois. Hans Harben a fait sa connaissance il y a un peu plus de deux mois et l'a présentée au groupe peu après. Ils étaient tous très impressionnés par son intelligence, tout en déplorant son manque de « conscience politique ». Ils connaissent Grüben, et le tiennent pour « un brave garçon pas très futé ». C'est à peu près tout ce qu'ils ont à dire, du moins lorsqu'on les prend en bloc. Pour le reste, ce sera aux PJ de s'arranger pour les rencontrer séparément et, surtout, pour se rendre sympathiques.

Le manifeste de la Rose blanche
Les PJ arrivent à un moment très inopportun. En effet, nos conspirateurs se préparent à « passer à l'action ». Au cours de nombreuses nuits de cogitation plus ou moins avinées, les membres de la Rose blanche ont fini par accoucher d'un petit opuscule, qu'ils ont fait imprimer clandestinement par un de leurs amis. Ils se préparent à le diffuser gratuitement à quelques dizaines d'étudiants sympathisants, ainsi qu'à une poignée de libraires acquis à leur cause. Bien entendu, ils se sont bien gardés de signer... Ce petit livre contient de quoi les expédier aux galères pour le reste de leur existence, et ils en sont bien conscients. Ils sont donc extraordinairement nerveux lorsqu'on les interroge et se montrent très prudents lorsqu'ils se rendent à l'entrepôt où ils conservent le premier tirage de leur oeuvre (Cerrion avait prévu d'incendier l'entrepôt avant qu'ils puissent faire quoi que ce soit, mais ce n'est pas certain qu'il en ait le temps : il faut aussi qu'il s'occupe des PJ !)

  • Hans Harben. Étudiant en philosophie, c'est le plus âgé du groupe, et aussi le plus charismatique. Il a tenté de séduire Annalisa, s'est fait rembarré, et n'en fait pas spécialement mystère. Il n'en veut même pas à Grüben. Cela dit, il y a gros à parier que les PJ le placeront en haut de la liste des suspects... d'autant que c'est le fils du propriétaire d'une petite compagnie de transports, et qu'il aurait parfaitement pu se procurer un carrosse et un cocher
  • Vladislav Kilmar. Étudiant au collège de magie, il porte toujours une robe bleu foncé ornée de symboles plus ou moins mystiques. Ce petit jeune homme myope au visage ingrat est l'idéologue du groupe, et c'est aussi celui dont les positions politiques sont les plus avancées ( « la république ? Pas tout de suite... mais nos enfants la verront »).
  • Gregor Strassan. Étudiant en théologie, initié du culte de Sigmar. Il est surtout là par amitié pour Harben, et a toujours l'air mai à l'aise. C'est lui qui a le plus à perdre en cas de problème avec les autorités, et il en a conscience. Du coup, c'est le plus suspicieux de la bande. Il se prendra d'une antipathie instantanée pour les PJ.
  • Charles Pontier. Bretonnien, étudiant en droit... pour le moment. Il a tâté d'un peu toutes les matières et a l'intention de continuer pendant encore une bonne dizaine d'années, Tout plutôt que de rentrer administrer le domaine familial ! C'est sans doute le plus sociable du lot. Il passe une bonne partie de ses soirées à boire dans diverses tavernes, et les PJ n'auront pas trop de mal à le faire bavarder.. ll est intelligent, et Annalisa l'intriguait beaucoup : « Une fille superbe, qui se dit étudiante, mais sans jamais préciser la matière, et qui en sait facilement autant que nous autres, sur tous les sujets... mais naïve comme une campagnarde juste arrivée de son village. Et un peu nerveuse quand on lui posait des questions sur son passé. Curieux, hein ? »
  • Dagmar Cerrion. Étudiant en droit. Un jeune homme posé, calme et un peu effacé. Il est généralement de l'avis d'Harben. En fait, il se nomme Dagmar von Rachern, lieutenant dans la Reiksgaard, la police secrète de l'empereur. Il arrondit ses fins de mois en travaillant de temps à autre pour son oncle, le Baron von Rachern . Responsable de l'enlèvement d'Annalisa, Dagmar va assez mal prendre l'arrivée d'une bande de trouble-fête.

    Attaqués !
    Dagmar n'aura pas plus tôt vu les PJ qu'il ira contacter les Spadassins au service de son oncle. Un ou deux jours après s'être intéressés aux membres de la Rose blanche, les PJ vont commencer à avoir des problèmes. A vous de les doser en fonction de votre groupe, mais voici quelques suggestions.
    - Commencez par des filatures, si possible en vous arrangeant pour que les PJ n'arrivent pas à intercepter leur suiveur.
    - Le tireur embusqué armé d'une arquebuse est un classique indémodable (les armes à feu de Warhammer étant ce qu'elles sont, ne vous embêtez pas à jeter les dés l'assassin ratera son coup). Dans le même esprit, vous avez le gros bloc de pierre qui tombe sur les PJ du haut d'un échafaudage, le coup de poignard discret au moment où ils se trouvent dans une foule - autrement dit, à peu près n'importe où dans Altdorf.
    - Quand les PJ auront atteint un état de nervosité suffisant, passez aux choses sérieuses.
    Une nuit, ils sont attaqués par un grand nombre de Spadassins drapés dans des manteaux noirs (deux par PJ). Veillez à ce que le duel soit épique, et à ce que les PJ aient le dessus. Dans le pire des cas, vous pouvez faire intervenir une patrouille de gardes qui mettra les agresseurs en fuite.
    Idéalement, les PJ devraient se débarrasser de tout ce petit monde et faire un ou deux prisonniers. Cette fois, le commanditaire (toujours l'homme au masque noir) les attend dans une auberge du quartier commerçant, sur la rive est. Les prisonniers ne demandent qu'à fournir le mot de passe en échange de leur liberté. Les PJ n'ont plus qu'à récupérer des manteaux noirs sur les cadavres, et ils feront des Spadassins fort présentables...

    Et si... les PJ se contentent de tuer les Spadassins ?
    Dans ce cas, il va falloir qu'ils réfléchissent un peu, mais ce n'est pas un obstacle insurmontable, L'enlèvement d'Annalisa peut venir de deux sources
    1) Son mystérieux passé, sur lequel ils n'ont aucun élément. S'ils commencent à se polariser là-dessus, c'est le moment de faire intervenir Sarmandel, qui leur expliquera que le coup ne vient pas de ce côté-là...
    2) Une personne qu'elle a rencontrée au cours des trois mois passés à Altdorf. Ce qui se limite, semble-t-il, à sa logeuse, à Grüben et aux membres de la Rose blanche. Une rapide enquête auprès des proches de ce petit monde révélera que Dagmar est le seul a ne pas avoir d'alibi pour le soir de l'enlèvement, ni pour le soir où les PJ ont été attaqués.

    Dagmar démasqué
    Déguisés en Spadassins , les PJ n'auront aucune difficulté à entrer dans l'auberge où les attend Dagmar . Il est seul, et le capturer sera facile. Les ennuis commencent ensuite, lorsqu'il révèle sa véritable identité et leur ordonne, au nom de l'empereur, de le libérer immédiatement. Il essaye de se montrer arrogant, mais il a peur, et cela se sent. Les PJ ne se priveront sans doute pas de jouer là-dessus. Ils n'auront pas grand mal à lui tirer les vers du nez. Il cherche à passer un marché du style « je vous dis tout sur Annalisa et vous me laissez faire mon travail sans mettre ma couverture en péril ». Après tout, pour lui, Annalisa n'est qu'un simple à-côté, et il est convaincu que son oncle pourra s'occuper de ces casse-pieds sans son aide.
    Il leur explique donc que la jeune fille a plu à son oncle, le Baron von Rachern , et qu'il a fait le nécessaire pour qu'elle lui soit amenée. Il n'en sait pas plus, et ne veut surtout pas savoir ce que son oncle compte en faire.
    A terme, les PJ ont tout intérêt à le neutraliser pour quelques jours (voire définitivement !). Dagmar est un individu rancunier qui, s'ils le laissent en liberté, fera l'impossible pour leur nuire (et il en a les moyens, dans la mesure où il peut faire arrêter n'importe qui pour atteinte à la sûreté de l'Empire). D'un autre côté, si les PJ le tuent, ils portent réellement atteinte à la sûreté de l'Empire... Laissez-leur le choix, et n'oubliez pas de leur en faire subir les conséquences par la suite.

    Le Baron von Rachern
    Il réside dans un grand hôtel particulier, non loin du palais Impérial. La garde municipale est très vigilante dans ce quartier, et tous les nobles ont leurs propres soldats... Autrement dit, une attaque frontale est, au mieux, très imprudente.
    Leurs chances seront un peu meilleures s'ils attendent que Grüben soit un peu rétabli, et surtout s'ils arrivent à négocier une alliance avec Sarmandel. L'elfe s'arrangera pour que la garde de la ville soit très occupée ailleurs et il pourra recruter une petite troupe de Spadassins pour les appuyer. Évidemment, si l'option militaire est retenue, les PJ n'éviteront pas le bain de sang. Rachern a une vingtaine de gardes plus un garde du corps très spécial : un mercenaire ogre, qui lui coûte une fortune en nourriture, mais se montre fort efficace lorsqu'il faut écarter les importuns.
    L'infiltration discrète est déjà préférable. Les cuisines de l'hôtel sont accessibles par les égouts, et les gardes qui surveillent l'intérieur du bâtiment ne sont pas très vigilants. Un petit groupe déterminé pourrait entrer, trouver les appartements d'Annalisa et la récupérer avec un minimum de casse (évidemment, il est toujours possible que Rachern soit avec Annalisa et qu'il ait le temps de donner l'alarme).
    Mais la solution la plus élégante serait de demander audience au baron, sous un prétexte quelconque. Il les recevra sans difficulté. Il est très maigre, avec une barbe noire élégamment taillée et une vilaine coupure, toute fraîche, à la joue gauche (comme nous l'avons dit plus haut, il aime les jeunes filles terrorisées. Sur ce plan, Annalisa l'a beaucoup déçu. Juste après sa capture, elle a bien failli l'éborgner et depuis, il la laisse plus ou moins tranquille). Une lois en sa présence, les PJ n'ont plus qu'à bluffer, N'importe quel mélange de faits et de demi-vérités, s'il est assez bien amené, le rendra suffisamment nerveux pour qu'il accepte de relâcher Annalisa. (« Savez-vous qui vous avez enlevé ? Notre commanditaire sera très mécontent si vous lui avez fait du mal... Alors, libérez-la maintenant, et nous passerons l'éponge sur cette affaire et sur toutes les autres. Entendu ? »)

    Conclusion
    S'ils se débrouillent bien, les PJ récupéreront Annalisa. C'est une grande jeune fille blonde, très énergique et relativement peu marquée par les épreuves de ces derniers jours. Elle a bien l'intention de couler des jours heureux avec Grüben et, dans un avenir assez proche, de résoudre le mystère de ses origines... Mais tout ne se passera peut-être pas aussi facilement. Après tout, Sarmandel a ses propres projets pour Annalisa, et il n'a sûrement pas été neutralisé par les PJ. Toutefois, il n'est pas complètement dépourvu de coeur, et il est possible de le convaincre de la laisser vivre sa vie (il en sera quitte pour rentrer faire son rapport et surveiller Annalisa de loin au cours des prochaines années).

    Points d'expérience
    - Comme d'habitude; entre 20 et 50 pour une bonne interprétation, de bonnes idées, etc.
    - Pour avoir passé un marché avec Sarmandel, et à condition qu'ils le respectent, 30 points,
    - Pour avoir libéré Annalisa sans verser le sang, 50 points.
    - Pour l'avoir libérée par la violence, 25 points.

    Complications possibles
    - Le baron Rachern pourrait bien être membre d'un petit culte de Slaanesh et avoir besoin d'Annalisa pour tout autre chose qu'assouvir sa propre lubricité. Dans ce cas, vous aurez besoin d'une cave, d'un autel sacrificiel, d'une poignée d'adeptes vicieux et, si vous pensez que les personnages sont de taille, d'une démonette.
    - Rachern pourrait également être un comploteur intelligent, au courant de la véritable identité d'Annalisa et désireux de l'utiliser d'une manière ou d'une autre (par exemple en l'épousant).
    - Le groupe de la Rose blanche est relativement inoffensif. Mais ses membres pourraient vraiment être dangereux pour l'Empire. Le terrorisme est un concept qui reste à inventer dans le monde de Warhammer, mais ce n'est pas le cas de l'assassinat politique. Et si ces braves gens se préparaient à tuer un haut personnage ?
    - L'identité des parents d'Annalisa a été délibérément laissée dans le vague. Elle est sûrement le produit d'une « erreur de jeunesse » d'un puissant seigneur, sans doute l'un des Électeur impériaux, mais lequel ? La comtesse Emmanuelle de Nuln ferait un assez bon choix. Elle est puissante, égoïste, sans coeur et, en dépit de ses prétentions à la jeunesse éternelle, largement en âge d'avoir une fille adolescente. Mais il existe une autre possibilité, beaucoup plus dangereuse... L'empereur Karl-Franz est malade et n'a plus aucun enfant légitime. A sa mort, la couronne reviendra à son neveu Wolfgang, que même les nobles les plus optimistes considèrent comme légèrement demeuré. Dans ce contexte l'existence d'une bâtarde de l'empereur pourrait revêtir une importance politique considérable (et ce même si vous jouez après la fin de la campagne impériale). Pour l'aventurier de base détenir ce genre de secret est tout à fait malsain... Les PJ pourraient bien passer tous les prochains scénarios traqués par les autorités et par des assassins (envoyés par le confesseur de l'empereur, qui n'a pas demandé son avis à son maître), voire faire un séjour dans une prison d'État.

    Par Tristan Lhomme

  • Personnages non joueurs (PNJ)

    • Spadassins, Humain - Spadassin

      MCCCTFEBIADexCdIntClFMSoc
      44040448402303030402530
      Compétences : Déplacement silencieux, Coups puissants, Filature, Spécialisation - rapière ou armes à feu.
      Equipement : armure de cuir (1PA tronc), rapières (ou armes à feu), grands manteaux noirs, têtes de crapules.
    • Dagmar, Humain

      MCCCTFEBIADexCdIntClFMSoc
      43325336301353530253030
      Compétences : Charisme, Sens de la répartie, Escrime, Chance, Filature et Furtivité
    • Baron von Rachern, Humain - Noble : Baron - Niv. 2

      MCCCTFEBIADexCdIntClFMSoc
      43325336301353530253030
      Compétences : Charisme, Sens de la répartie, Escrime
    • Sennerion Sarmandel, Elfe - Détective privé

      MCCCTFEBIADexCdIntClFMSoc
      45045449602454566664550
      Compétences : acuité auditive, camouflage rural/urbain, chance, charisme, coups assommants, déguisement, déplacement silencieux, incantations, méditation, séduction, sens de la magie
      C'est un magicien de niveau 2 et un illusionniste de niveau 1 (il utilise beaucoup le sort Apparence illusoire). Ses talents sont plus orientés vers les soins et la discrétion que vers le combat.
    • Grossepanse, Ogre - Garde du corps

      MCCCTFEBIADexCdIntClFMSoc
      653175519403181814182910
      Prenez le profil de l'ogre de la p.266 du livre de règles de Warhammer V1. Il dort à la cave pendant la journée et patrouille dans la cour et les jardins pendant la nuit.