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Chasseurs de Tête (Head Hunters)

Source : Warpstone magazine Magazine - Warpstone #14, proposé par Fenryll.

Aucune note

Thème : Mystère

Joueurs : 3 / 5

Difficulté : Facile

Lecture : ~53mn. (13164 mots)

Dialogue Infiltration Organisation Poursuite


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À Talabheim, le nom du général Reuter est prononcé avec révérence. Depuis la mort de son épouse, les nuits de ce dernier sont troublées par un spectre. Les PJs sont engagés pour enquêter et permettre au Général et à l'âme en peine de trouver le repos...

#Talabheim Humains



Ce scénario se déroule dans la ville de Talabheim. Il s'agit d'un scénario d'enquête avec peu d'occasions de violence - à moins que les PJ ne décident d'être très grossiers avec les gens. D'une certaine manière, il vous donnera une idée de Talabheim et vous permettra d'utiliser les lieux que vous trouverez dans notre prochaine série d'articles sur la ville (Warpstone XX). Cependant, ces informations ne sont pas nécessaires pour jouer le scénario. En fonction de leurs actions, les PJ peuvent se retrouver avec des amis ou des ennemis puissants. Aucun profil n'a été inclus dans le scénario, mais si vous en avez besoin, utilisez les profils comparables d'Ombre sur Bogenhafen, Middenheim : la cité du Loup Blanc ou Marienburg à vau l'eau.

Contexte

À Talabheim, le nom du général Karl Reuter est prononcé avec révérence et respect par presque tout le monde. Il est une légende vivante et beaucoup racontent encore ses exploits. Bien que certains, en dehors de la ville, affirment que sa renommée dépasse de loin ses actes réels, exprimer une telle opinion à Talabheim est un moyen sûr de s'attirer des ennuis.

Il y a 30 ans, il y eu un conflit territorial avec le Middenland. Cette fois, la zone contestée était Korltheim, qui consistait en de riches terres agricoles au nord de la ville. Pendant que les disputes diplomatiques faisaient rage, la région était contrainte de subir les raids de bandits, les deux parties s'accusant mutuellement de les financer. A cette époque, un jeune Commandant du nom de Karl Reuter réussit à capturer et à tuer l'un de ces groupes de maraudeurs.

Malheureusement, parmi eux se trouvait le Seigneur Artis von Bildhofen, neveu du Grand-Duc Electeur Freidrich von Bildhofen. Enragé, l'Electeur envoya une armée pour sécuriser la région. Les deux armées se rencontrèrent à Korltheim, et la bataille qui s'ensuivit fut sanglante. Cependant, l'héroïsme de Reuter l'emporta. La charge héroïque qu'il mena transperça le centre de l'armée ennemie. Les Middenlanders en déroute s'enfuirent et Reuter revint triomphant, promu général en l'honneur de sa victoire.

Il ne fallut pas longtemps avant que les Middenlanders ne lèvent une autre grande force et tentent de revenir à la charge une fois de plus. Six mois plus tard, ils marchèrent sur la frontière. Cette fois, le général décida de diviser ses forces, prêtes à tendre une embuscade à l'ennemi lorsqu'il entrerait dans la vallée menant à Korltheim. La seconde force était sous le commandement de Lucas Reuter, le frère du général, qui s'était fait un nom en tant que capitaine mercenaire renommé. Malheureusement, Lucas avait été soudoyé pour trahir l'armée et avait mené sa force dans un guet-apens. La plupart des hommes furent tués ou capturés, surpris par la soudaineté de l'attaque. Un seul éclaireur est arrivé jusqu'à Karl et l'avertit de ce qui s'était passé. Croyant que son frère était mort et qu'il n'avait pas encore pris conscience de son crime, Karl mena ses hommes en infériorité numérique à travers la nuit jusqu'à Klarfeld, où il se défit de l'opposition en la mettant en déroute. Il ordonna à ses troupes de harceler les Middenlanders en fuite et parmi eux se trouva le traître Lucas chargé d'or. Karl fut frappé par le chagrin et la culpabilité, sachant que son erreur de jugement avait conduit au massacre.

Parce qu'il s'en voulait, Karl aurait même pu laisser Lucas en liberté, mais il n'avait pas le choix. Traîné derrière un cheval, Lucas fut ramené à Talabheim et traduit devant la Maison des Pairs pour être jugé. Reconnu coupable, il a été exécuté trois jours plus tard devant ce qui semblait être la ville entière. Plusieurs mois et de nombreuses blessures plus tard, le général fut contraint d'abandonner la campagne en raison de ses blessures. Cependant, avant de quitter le service actif, il engagea le Middenland dans la signature d'un accord visant à ne plus contester la région de Korltheim, la rançon d'une douzaine de nobles que Karl avait capturés durant ses campagnes.

Cette partie de l'histoire est connue du public. Cependant, la vérité de l'affaire est un peu plus complexe. Lorsque Lucas était emprisonné dans le tristement célèbre Donjon de Tarnhelm en attendant son exécution, il reçut la visite de Karl qui voulait savoir pourquoi il avait trahi son propre frère. Cette occasion était trop belle pour que le rusé Lucas la manque. Il battu son frère affaibli, volant ses vêtements et puis donnant l'alerte, prétendant qu'il avait été attaqué. Karl resta inconscient jusqu'au matin, et à son réveil, ses tentatives pour protester de son innocence et de sa véritable identité furent rejetées comme un stratagème faible et désespéré pour éviter la punition. C'est ainsi que Karl fut conduit à l'échafaud pour être décapité, sous le regard de Lucas.

Alors que Karl se tenait sur la plate-forme, il a juré, sous les huées de la foule, qu'il reviendrait hanter Lucas. Annett, la femme de Karl, le supplia d'accepter son sort - même elle avait été dupée. Karl refusa de revenir sur sa décision mais promit qu'il ne reviendrait jamais la hanter elle.

La mystification de Lucas était assez simple, mais elle avait trompé tout le monde. Le fait qu'ils partageaient une très forte ressemblance familiale et une couleur de cheveux similaire, combinée à la saleté de la cellule et aux blessures des combats, rendait très difficile de distinguer qui était qui. De plus, ils étaient tous deux insulaires par nature ; aucun n'avait été particulièrement proche de qui que ce soit. Même Annett, qui était enceinte de l'enfant de Karl, ne le connaissait pas depuis longtemps. Pendant la majeure partie des deux années de leur mariage, Karl était en campagne. Elle avait remarqué un changement dans ses manières et des trous de mémoire occasionnels, mais elle les mettait sur le compte des horreurs de la guerre et pensait que la mort de son frère l'avait changé. Au début, elle était méfiante et suspicieuse, mais ils finirent par se rapprocher et deux autres enfants naquirent.

La tromperie était totale, jusqu'à ce que Lucas tombe dans l'alcoolisme à l'âge mûr et avoua la vérité à Annett. Elle était désemparée et en colère, et se préparait à le dénoncer. Elle dit la vérité à son fils aîné Siegfreid, lui demandant son soutien. Cependant, Siegfreid la convainquit de garder le silence, car agir autrement pourrait ruiner la réputation de tous ses enfants et la mémoire de Karl. Mais le poids de ce fardeau est trop lourd à porter pour elle. Souffrant d'une dépression nerveuse, elle se retira dans son lit et attendit simplement la mort. Celle-ci mit cinq ans à arriver. Pendant ce temps, Lucas sorti de sa torpeur et s'occupa d'elle comme un mari aimant devrait le faire, simplement parce qu'il avait appris à l'aimer. En dépit de ses soins et de son dévouement, elle ne lui adressa plus jamais la parole.

Après les funérailles, Lucas s'effondra d'épuisement. Il avait investi toute son énergie au cours des cinq dernières années à s'occuper d'Annett, et maintenant il était épuisé. Cependant, il ne devait pas trouver de répit. La nuit même, Karl, fidèle à sa parole, revint hanter son frère. Il apparut comme un fantôme sans tête et revint chaque nuit depuis. Il n'y a pas grand-chose qui puisse aider Lucas : afin de maintenir sa tromperie, il ne veut pas dire qui est le spectre. Toute la situation est traitée comme un mystère à garder secret au cas où cela porterait atteinte à sa réputation.

Siegfreid, l'aîné, refuse de reconnaître Lucas depuis des années et n'a aucune idée de ce qui se passe. Cependant, ses jeunes frères et soeurs, craignant pour la vie de leur père, ont décidé d'engager des enquêteurs pour découvrir discrètement pourquoi ce fantôme hante leur père. Le plus jeune fils est un initié de Mórr qui est revenu pour s'occuper des funérailles de sa mère et doit bientôt repartir. Cependant, s'il devait retarder son retour ou s'impliquer visiblement dans une enquête, la suspicion et la rumeur courraient, portant atteinte au nom de la famille. Normalement, il serait prêt à courir ce risque, mais sa soeur aînée (qui est une bureaucrate locale soucieuse de sa carrière) souhaite que l'affaire reste aussi discrète que possible. Par conséquent, tous deux ont commencé à chercher une aide compétente pour résoudre le problème.

L'intrigue dans l'intrigue
La prémisse du scénario implique que les PJs recherchent la tête du fantôme, pensant qu'elle permettra à l'esprit agité de trouver le repos. Cependant, la tête a fait un long voyage (bien qu'elle n'ait eu personne pour l'accompagner ! Désolé, je n'ai pas pu résister. Uh-hmm... revenons plutôt à l'intrigue). En cherchant la tête, ils découvriront les sombres desseins qui se cachent derrière son enlèvement. Une fois qu'ils auront retrouvé la tête, ils devront décider de la meilleure façon de traiter les informations à leur disposition. [Si tout se passe bien, ils devront décider si le meilleur plan d'action consiste à révéler la vérité ou à protéger des vies innocentes].

Le fantôme du général Karl Reuter peut trouver le repos en faisant enterrer son corps et sa tête dans les murs de la ville. Pour l'instant, il est enterré dans le Bosquet du Traître, situé dans la forêt à l'extérieur du cratère. Pour déterrer le corps, il faut l'autorisation du Temple de Mórr et de la Maison des Pairs. Pour avoir une chance d'obtenir cette permission, il leur faudra une très bonne histoire.

Affiche

Si les PJs ont des contacts favorables dans la ville, ou peut-être un mécène, alors ils sont recommandés au conseiller Albeheim. Sinon, ils trouveront une affiche, récemment clouée à un arbre à l'extérieur de l'auberge où ils se trouvent. Courte et précise, elle dit : "Recherchés : Aventuriers de bon caractère, de bonne capacité et d'intelligence. Bon salaire. Répondez au conseiller Albeheim à l'hôtel de ville."

Conseiller Albeheim
L'hôtel de ville, connu par les habitants sous le nom de Hall de Marbre, est animé et vivant, rempli d'employés en uniforme qui vont et viennent, les mains pleines de papiers. Cependant, en examinant la scène pendant un petit moment, on se rend compte de l'inefficacité de l'ensemble. Deux piquiers observent avec méfiance le groupe lorsqu'il entre dans la petite salle d'accueil. Le long du mur de gauche se trouvent trois commis à l'air affairé, assis derrière une longue table couverte de papiers, de parchemins et de plumes, la tête plongée dans d'épais livres. Si les personnages s'approchent de l'un des commis, on leur dira d'attendre jusqu'à ce qu'ils puissent être vus.

En face des commis se trouve une rangée de chaises placées sous un portrait du général Karl Reuter, qui peut être identifié par une plaque dorée en bas. Il montre le général dans une posture héroïque, debout contre les hordes du Middenland. C'est un homme à l'air sévère, apparemment jeune pour un tel commandement, mais beau et courageux. Après quelques minutes, on demande aux personnages leur métier et leur nom (sans oublier l'adresse à Talabheim, l'adresse habituelle, la raison de la visite de la ville, l'appartenance à des guildes et toute autre question que vous voulez utiliser pour embêter vos joueurs). Une fois ces formalités accomplies, un greffier âgé et lent les conduira à la rencontre du conseiller.

Albeheim est un homme nerveux, de taille moyenne, et mettra un peu de temps à comprendre ce qu'ils veulent dire. Lorsqu'il comprend enfin, il emmène les personnages plus loin dans le couloir jusqu'à une autre porte. Là, il frappera, et attendra qu'une voix de femme lui annonce qu'il peut entrer. Albeheim les fait entrer dans la salle en disant : "Conseiller Reuter, ces personnes sont venues au sujet de l'affiche." Elle le remercie et fait signe aux PJ de s'asseoir. Elle attend qu'Albeheim referme la porte avant de commencer à parler.

Deux enfants
Andrea Reuter est âgée d'une vingtaine d'années, vêtue d'une robe conservatrice. La ressemblance avec le portrait de son père dans le hall d'entrée est évidente, tout comme celle de son jeune frère Magnus, qui est assis sur une chaise près du mur. Il est vêtu de la robe d'un initié de Mórr. Andrea est une bonne conseillère mais elle a obtenu ce poste avant tout grâce à son nom de famille. Elle est très fière de son père, même s'ils ne sont pas toujours d'accord. Amicale et extravertie, elle est ambitieuse, ce qui est évident pour tous ceux qui ont affaire à elle. Magnus est calme et réfléchi, presque timide. Il a rejoint le Culte de Mórr il y a deux ans et arrive à la fin de sa formation. Il hoche la tête lorsqu'on le présente et, lorsqu'il est avec sa soeur, il ne parle que si on lui adresse la parole.
Andrea brise la glace en posant aux PJ des questions sur leurs actes passés. Elle les interroge subtilement pour s'assurer qu'ils disent la vérité et pour vérifier qu'ils ont un caractère et un jugement sains. En regardant vers Magnus, elle leur demande s'ils ont déjà rencontré des morts-vivants. S'ils répondent par l'affirmative, elle leur demande en détail comment ils ont géré la situation. Toutes ces questions sont posées de manière parfaitement détendue. Il se peut que les PJs demandent pourquoi le nom d'Albeheim était sur l'affiche. Si c'est le cas, elle les informe que "le fait de mettre le nom de Reuter sur l'affiche n'aurait fait qu'attirer l'attention. Le nom de Reuter est bien connu et respecté à Talabheim, mais nous préférons garder nos affaires privées quand nous le pouvons."

Lorsqu'elle termine ses questions, elle a l'air d'avoir une certaine appréhension, mais commence : "Nous avons été obligés de chercher une aide extérieure pour résoudre un problème urgent. Je souhaite que vous examiniez le problème à fond et que vous le résolviez de manière satisfaisante. Si vous le faites, vous serez bien récompensé et gagnerez notre sincère gratitude." Avant de poursuivre, elle se dirige vers un meuble et se verse un verre de Vodka. Elle n'en offrira pas aux PJs, mais s'ils ont l'audace de le demander, elle leur en versera un verre. Elle continue à parler en regardant par la fenêtre. Lorsqu'elle commence, sa voix tremble d'émotion contenue. "Tout a commencé il y a trois jours avec la mort de ma mère. Elle était malade depuis un certain temps et Magnus est revenu pour organiser ses funérailles. Mes parents étaient très proches ; du vivant de ma mère, ils ne se quittaient jamais. Le jour de sa mort, mon père s'est couché dans son lit, en proie au chagrin. Cette même nuit, un spectre est venu le voir et le terroriser. Il est revenu chaque nuit depuis. Nous avons tous deux observé cette apparition. Mon frère a des connaissances dans ce domaine, bien sûr, mais nous ne voulons pas être vus en train d'enquêter sur cet événement.

Si les PJ regardent Magnus à ce moment-là, ils verront qu'il a l'air décidément mal à l'aise. En fait, il n'est pas du tout certain de ne pas avoir négligé son devoir (tel qu'il le voit) en n'enquêtant pas sur cette affaire. Cependant, il s'est plié aux souhaits de sa soeur. Andrea veut que son père soit libéré du fantôme, mais elle fait attention à sa position et à sa carrière. Elle ne fera rien qui puisse les mettre en danger, sauf si elle n'a pas d'autre choix. Ni l'une ni l'autre ne pense que leur père mérite de souffrir de cette hantise.

Cette apparition est un homme sans tête, menotté aux mains et aux pieds. Mon père semble le reconnaître mais ne veut pas nous en dire plus. Peut-être a-t-il trop peur. Mon frère m'informe qu'un tel spectre apparaît lorsqu'on ne l'enterre pas correctement. Alors peut-être que ce fantôme veut récupérer sa tête. Nous croyons que cela permettra à l'âme d'être placée sous la garde de Mórr. et libérera notre père de ce tourment. Peut-être que l'apparition croit que mon père a sa tête. Nous souhaitons que vous résolviez cette énigme et permettiez à notre père de dormir. Mais d'abord, vous devrez observer le fantôme.

Le fantôme
Les PJ sont emmenés à la maison Reuter par Magnus, qui les retrouve sur la Werner Platz à la nuit tombée. Arrivés à la maison, il les conduit au sous-sol et leur demande d'attendre dans la cuisine. La maison Reuter se trouve dans le quartier de Goldstrades, à la limite de Blutberg. C'est une grande maison, bien entretenue et remplie de meubles et d'ornements coûteux, dont beaucoup sont des cadeaux d'admirateurs. Si quelqu'un pense à demander, il remarquera l'absence manifeste de vêtements militaires. Dans le salon se trouve un tableau officiel de la famille (le général, Annett et les trois enfants, peint lorsque les enfants étaient encore jeunes).

L'attente est rendue supportable par l'offre d'un repas raffiné de la part de la cuisinière. Elle se garde bien de dire quoi que ce soit de fâcheux aux PJ, et fait taire la femme de chambre d'un regard furieux si les PJ tentent de lui parler. Tous deux ont été témoins de l'apparition du fantôme et redoutent l'idée de le revoir. Ils pensent que les PJ sont très courageux de l'affronter. Tous deux se méfient un peu du Général, mais ils aimaient bien Annett et ont été bouleversés par sa mort. La cuisinière fait partie de la maison depuis trente ans et est donc une bonne source d'information. Elle était la servante d'Annett lorsqu'elle était jeune fille et est venue chez elle après le mariage.

Le général se couche après onze heures, après avoir bu une demi-bouteille de brandy pour se calmer les nerfs. Une fois qu'il est endormi, Magnus va chercher les PJs et les amène dans la maison principale. Si on lui demande la raison de tout ce secret, il répond aux PJ que son père ne tolérerait pas leur présence s'il le savait. A l'étage, la maison est calme, éclairée par des lanternes à faible intensité dans le hall. Les PJ peuvent attendre où ils le souhaitent en bas, car c'est là que le fantôme apparaît pour la première fois.

Peu après minuit, la température semble baisser légèrement. Tous les PJ qui sont réveillés ressentent des frissons - mais pas seulement causés par l'air froid. L'apparition passe la porte d'entrée (bien que les personnes à l'extérieur ne voient rien). Le fantôme est sans tête, le cou proprement coupé. Il est vêtu d'une robe de noble, ses mains et ses chevilles sont entravées par de lourdes manilles de fer. De son vivant, il devait être un homme puissant, et bien que les menottes l'obligent à traîner les pieds, il se tient droit. Juste derrière la porte, il se dirige vers une petite alcôve dans le mur, remplie de bottes et de manteaux, touche quelque chose qui n'est pas là et s'arrête un moment. Il se retourne et marche le long du couloir, monte les escaliers et entre dans la chambre du général par la porte. Dans la chambre, il s'arrête au bout du lit et le général se réveille en sursaut. Complètement terrifié, il reste là à regarder le fantôme, paralysé par la peur. Il ignore les PJ qui entrent dans la pièce. Pendant une minute, chacun reste immobile. Puis le fantôme lève la main vers le général avant de disparaître. Quelques secondes plus tard, le général s'effondre, sanglotant et marmonnant de manière incohérente. Magnus demande aux PJs de quitter la pièce pendant que lui et la cuisinière le réconfortent.

Un peu plus tard, Magnus, fatigué, sort pour parler aux PJ. "Vous avez maintenant vu le spectre de vos propres yeux. J'espère que vous pourrez le libérer de sa présence. Je vous retrouverai demain matin à votre résidence pour discuter plus avant de ces questions. Bonne nuit." Magnus refuse de parler maintenant, préférant rester et veiller sur son père.

Armes magiques
Les PJ bien armés peuvent vouloir dissiper le fantôme en bondissant avec des armes et des sorts magiques. Dans ce cas, le fantôme disparaîtra pour la nuit dès qu'il sera touché de cette façon, ce qui en fait une solution à très court terme. De plus, Magnus n'est pas satisfait de cette méthode de résolution du problème. Il est clair que quelque chose ne va pas ici, et bien que la violence puisse éventuellement détruire le spectre, il veut comprendre pourquoi cela se produit et s'assurer que toutes les personnes concernées sont traitées équitablement. Il veut que l'esprit troublé repose en paix, en résolvant la raison pour laquelle il reste lié à la plaine des mortels.

Une rencontre matinale

Magnus et Andrea viendront rendre visite aux PJ dans leur auberge le lendemain matin. Ils s'assureront que les PJ sont pleinement conscients de leur tâche. Ils insistent également pour qu'ils ne parlent pas au général. Les PJs voudront probablement enquêter sur l'histoire du Général, et il y a un certain nombre de pistes à suivre à ce stade. Mais ils finiront par se mettre sur la piste de la tête manquante.

Magnus et Andrea connaissent les grandes lignes de l'histoire de leur père, bien qu'ils en sachent beaucoup plus sur la vie qu'il a menée depuis ses jours de gloire. Il a toujours été trop modeste pour parler de ses débuts et a refusé de le faire lorsqu'on lui a demandé. Par conséquent, ce qu'ils savent est basé sur les histoires des autres, qui (bien sûr) sont généralement racontées avec une touche de vénération pour les héros. Après avoir pris sa retraite à la suite d'une blessure, leur père a assumé des fonctions de formation et d'organisation dans l'armée. Il a également servi d'escorte lors de missions diplomatiques, où il était utilisé pour impressionner ses hôtes avec des récits de ses exploits. Les deux enfants ne connaissent que vaguement l'histoire de Lucas, car les gens ont tendance à éviter d'en parler devant eux. Ils ne savent pas non plus ce qui se trouvait dans l'alcôve du couloir de la maison où le fantôme s'est arrêté.

La cuisinière
Martha Kratchett fait partie de la famille Reuter depuis plus de trente ans. Elle a travaillé dans la maison de la famille d'Annett avant son mariage avec le général. Ils étaient d'un âge similaire et, bien qu'ils ne soient pas amis, ils s'appréciaient mutuellement. Après le mariage, Martha est allée avec sa maîtresse à la maison du Général. Elle fait partie de la famille depuis lors et est aimée par les enfants. Elle a elle-même trois enfants, qui vivent tous en ville. Son mari depuis vingt-deux ans est mort de maladie il y a cinq ans.

Elle ne discutera pas de l'histoire du général ou d'Annett par loyauté. Elle prétendra ne se souvenir d'aucun incident. Cependant, elle parlera de l'alcôve dans le couloir. Elle dit qu'il y avait une petite chapelle domestique en l'honneur d'Ulric. Elle se souvient qu'une partie de celui-ci représentait une petite statue de loup, où des offrandes étaient déposées. Elle a été enlevée il y a environ vingt-cinq ans, mais elle ne se souvient pas pourquoi.

Martha a tout à fait raison dans son souvenir. Karl Reuter avait un petit sanctuaire partout où il vivait et lorsqu'il entrait ou sortait, il caressait la tête du loup. C'est une habitude qu'il a conservée dans la mort, croyant que la châsse est toujours là. Lucas l'a enlevée parce qu'elle lui rappelait son frère, n'avait pas de dévotion particulière pour Ulric et pensait pouvoir commencer à faire des changements comme bon lui semblait.

Siegfreid Reuter
Andrea et Magnus n'ont pas parlé à leur frère aîné Siegfreid depuis trois ans, en dehors de signes de salutation. Ni l'un ni l'autre ne savent pourquoi, et bien qu'ils sachent qu'il s'est violemment disputé avec leur père, ils ne savent pas pourquoi il les ignore. Siegfreid Reuter est capitaine dans l'armée permanente de Talabheim. Là encore, il a atteint cette position grâce au nom et à la réputation de son père. Cependant, il a démontré qu'il était bien le fils de son père. C'est un guerrier habile et un tacticien avisé, ainsi qu'un homme d'un grand sens de l'honneur. Il attend des autres qu'ils atteignent ses normes d'honneur et de moralité, et a du mal à pardonner à ceux qui le déçoivent. La raison pour laquelle il n'a pas atteint un rang plus élevé est cette intolérance aux idiots, qui lui a donné une réputation de juge et de difficile. Il n'a jamais vraiment eu l'occasion de faire ses preuves. Bien qu'il n'ait rien contre ses frères et soeurs, il se met en colère à chaque fois qu'il les voit et doit se contrôler.

On le trouve généralement à la caserne, vêtu d'une armure et de la livrée de Talabheim, mais il accepte de voir les PJ si son nom est mentionné. Il sera sur la défensive et ne donnera en aucun cas d'informations sur son père. Les PJs auront la nette impression qu'il essaie de cacher quelque chose. S'ils l'abordent après avoir découvert la supercherie, il les mettra en garde contre le risque de ternir le nom de sa famille. Siegfreid Reuter est, potentiellement, un ennemi très dangereux.

Si vous le souhaitez, vous pouvez faire en sorte que Siegfreid agisse comme un méchant, bien que ses motivations ne soient pas nécessairement mauvaises. Il peut faire suivre les PJ pour les surveiller, les attaquer s'ils rassemblent des preuves ou même les faire jeter en prison pour un court moment sur sa seule parole. Cet homme a de l'influence et ne craint pas de l'utiliser pour protéger le nom de sa famille.

Le temple de Verena
Le Temple de Verena est rempli de personnes enthousiastes mais possède peu de documents utiles. Ils savent que Lucas Reuter a été reconnu coupable de trahison après avoir été capturé par son frère. Il a été exécuté à Brandorf Platz il y a 30 ans. L'initié à qui les PJs parlent dit que Kook Taidorf est responsable de la construction des plateformes d'exécution depuis des années et qu'il pourrait être en mesure d'aider davantage. Il a appris le métier de son père et est toujours prêt à raconter les histoires des hommes qui ont "utilisé ses services".

Histoires et rumeurs

Où que l'on demande dans la ville, on n'entend que du bien du général. Depuis sa grande victoire à Korltheim, il n'a rien fait pour modifier la perception des gens. Il apparaît en public de temps à autre et cela le maintien dans l'esprit des gens. La majorité des éléments connus a été détaillé précédemment. Il y a quelques histoires et rumeurs supplémentaires que vous pouvez inclure. Toutes sont assez courantes, mais décidez vous-même lesquelles sont les plus adaptées aux personnes avec lesquelles les PJ discutent à un moment donné.

+ "J'ai entendu dire que le Général et son fils aîné ne se parlent plus. Certains disent qu'il y a un sombre secret. "
+ "Je me souviens que Lucas s'est fait décapiter. C'était trop bon pour lui. Même quand il était sur le point de rencontrer la hache, il maudissait encore le général. C'est seulement parce que la Dame du Général a demandé sa pitié qu'il a cédé."
+ "C'était un grand homme. Mon frère a combattu avec lui. Il disait que les
Middenlanders ne savaient pas ce qui les frappait. Il a dit que le Général a pleuré quand il a appris que son frère l'avait trahi, mais je ne le crois pas."
+ "L'ami d'un ami a entendu dire que Lucas n'était que le demi-frère du Général. Soi-disant, un corrompu a violé leur mère. Ça expliquerait beaucoup de choses, n'est-ce pas ?"
+ "Bien sûr, je me souviens de l'exécution. Je n'avais que dix ans à l'époque et je ne pouvais rien voir. J'ai fini par lire tout ça quelques années plus tard dans un pamphlet sur le Général. Je ne l'ai plus maintenant, cependant."
+ "Je l'ai vu il y a quelques années à une parade pour l'anniversaire de la Grande Duchesse. Il est peut-être vieux mais il avait l'air du puissant guerrier qu'il est. Ils n'auraient jamais dû le forcer à quitter le commandement. C'est ce que j'ai entendu. Bien sûr, il a du sang noble mais ils ne l'aimaient pas, car il n'a pas de titre. Il leur a fait voir. "
+ "Je parlais avec un de ses soldats dans une taverne il y a quelques années. Il disait que le général avait de la chance d'avoir survécu à la bataille de Korltheim. Il a reçu une hache dans les tripes qui l'a presque tué. Il a quand même mené la charge. Le sang d'Ulric coule dans ses veines."
+ "Ce ne sont pas ses blessures de guerre qui l'ont forcé à se retirer, c'est l'attaque de l'assassin. Lorsque le vieux Grand-Duc Freddy du Middenland était sur le point de rencontrer Morr lui-même, il a décidé qu'il tuerait le Général. Il a engagé les trois meilleurs assassins de l'Empire. Il a réussi à les avoir tous les trois, mais pas avant qu'ils ne le blessent si gravement qu'il ne pouvait plus se battre. C'est typique de ces lâches du Middenland que vous connaissez. Ma soeur est mariée à l'un d'entre eux et il est aussi lâche que méprisable."
+ "Mon frère était dans la cellule à côté de Lucas la nuit avant l'exécution. C'est vrai ! Il m'a raconté que le général est venu lui rendre visite la veille et qu'ils ont fini par se battre. Il a entendu des cris et des hurlements, puis les gardes sont arrivés et les ont séparés."

Anciens camarades

Il n'y a pas de moyen facile de retrouver les anciens camarades du Général, en particulier ceux de ses campagnes les plus célèbres. La plupart des hauts gradés sont morts, et peu d'informations ont été conservées sur les soldats. Cependant, l'aide de camp du général lors de la campagne de Kroltheim, le lieutenant Fredrick von Manzel, reçoit toujours une pension de l'armée. Cette information peut être obtenue auprès de l'armée ou du Hall des Registres. Si les PJ ont des difficultés, quelques pots-de-vin versés à divers soldats peuvent leur permettre d'obtenir une rumeur selon laquelle von Manzel boit toujours dans les tavernes que les soldats fréquentent, en essayant d'éponger les boissons au nom du Général.

Lieutenant von Manzel
Dans la cinquantaine, von Manzel est un vielle ivrogne amer. Mal rasé, malodorant et doté d'une énorme panse de bière, il dilapide ses maigres revenus dans les différentes tavernes situées autour de la caserne. Il finit par dormir dans la rue de nombreuses nuits, mais c'est à peine pire que la chambre qu'il loue.

Il sera heureux de parler aux PJs du Général pour le prix d'un verre. La seule difficulté qu'ils auront sera de le garder sur le droit chemin, car il a tendance à prendre la tangente. Il leur raconte fièrement qu'il a participé aux deux campagnes de Kroltheim avec le général, et qu'il a été son aide de camp lors de la seconde. Leur amitié (dans son esprit, l'amitié ne cesse de croître) a pris fin après l'exécution. Deux nuits plus tard, von Manzel s'est fait grièvement poignarder dans la rue. Lorsqu'il se remit enfin, le général refusa de le voir et il fut renvoyé de l'armée. À juste titre, il se sent trahi.

L'attentat contre lui a été organisé par Lucas, qui a réglé les derniers détails. Au moment où von Manzel fut remis, Lucas était fermement établi comme général et le lieutenant n'était plus une menace pour lui.

Le donjon de Tarnhelm
Le donjon est une prison sombre et lugubre, encastrée dans le mur de la vieille ville. C'est là que de nombreux prisonniers condamnés ont passé leur dernière nuit. Entrer dans la prison n'est pas si difficile, car l'argent ouvre la plupart des portes. Une seule personne sera en mesure d'aider les PJ, mais cela n'empêchera pas les autres d'inventer des histoires s'ils pensent qu'ils peuvent en tirer de l'argent.

Le garde Kampschen est là depuis trente ans. C'est un homme d'âge mûr, nerveux, au regard cruel et amer. Un côté de son visage est gravement marqué par des brûlures. Il les a reçues lors d'un incendie qui a brûlé le poste de garde la nuit de l'exécution de Lucas. Personne ne sait exactement comment le feu a pris, mais deux gardes sont morts : un vieil homme nommé Regear et un jeune homme tacheté dont Kampschen ne se souvient pas du nom.

Il se souvient que Lucas était dans le donjon, mais il ne l'a pas gardé. Regear et le jeune homme l'ont gardé cette nuit-là. Apparemment, Regear s'était plaint que le traître n'arrêtait pas de parler de toutes sortes de choses étranges, mais Kampschen n'a jamais su de quoi il s'agissait. Regear était un type tranquille, pas très brillant, qui avait passé des années en prison. Si on lui demande, Kampschen se souvient que le Général a rendu visite à son frère la nuit précédant l'exécution. Lucas avait attaqué le général mais les gardes l'avaient repoussé.

Après l'exécution, Lucas a appris que Regear parlait aux gens des "paroles étranges du traître". Lucas craint que quelqu'un ne finisse par le croire. Il a soudoyé les gardiens pour entrer dans la prison et a tué Regear. Il a ensuite incendié le poste de garde et s'est échappé dans la confusion.

Kook Taidorf
Les PJs trouveront Taidorf en train de construire une plateforme dans l'ombre du donjon de Tamhelm. Deux exécutions sont prévues pour demain et un certain nombre de gardes surveilleront la zone cette nuit. Taidorf a été maintenu en activité parce que toutes les plates-formes qu'il construit sont démolies après usage. Les autorités estiment qu'il est préférable de le faire plutôt que de donner à la foule l'occasion de le faire, ce qui était le cas auparavant. Les exécutions ont lieu en public pour dissuader les habitants de la vieille ville et les aider à rester dans le droit chemin. Taidorf est un vieil homme qui ne fait guère que superviser de nos jours. Il forme ses deux fils pour qu'ils reprennent l'affaire et ils travaillent avec une paire de jeunes apprentis.

Taidorf sera sur la défensive lorsque les PJs l'approcheront. Il est habitué à ce que des parents et des amis tentent d'obtenir son aide pour libérer les condamnés. En quarante ans de métier, aucune menace ni aucun pot de vin ne l'ont jamais convaincu d'aider des gens à s'échapper. Il aime cependant se remémorer le passé, et sera donc heureux de parler aux PJs une fois qu'il saura pourquoi ils sont ici.

Il se souvient clairement du frère du général, mais pas de son nom. L'homme avait causé la mort de plus de deux cents soldats et avait failli être lynché lorsqu'il avait été ramené en ville. Cependant, le général avait arrêté la foule, insistant pour qu'il soit jugé. Le peuple aimait tellement le général qu'il l'a écouté. Il fut traduit devant la Chambre des pairs, "ce qui montre bien la gravité de l'affaire", et reconnu coupable.

Le jour de l'exécution, il fut emmené du donjon de Tarnhelm et amené au bloc. Il devait être exécuté publiquement sur la place de Brandorf. "On n'y construit presque jamais de plates-formes. C'est seulement pour les traîtres, vous voyez. J'ai dû travailler toute la nuit pour la terminer et il y avait déjà des gens qui attendaient". Le frère du général saignait de la tête, là où le garde l'avait frappé pour le faire taire. Il se souvient que le général et sa femme regardaient depuis le balcon. Il ne sait pas qui était le bourreau (personne ne le sait) mais quand il a demandé au traître ses derniers mots, il a dit "Je reviendrais te hanter, mon frère". Et la femme du général dit, "Ne faites pas ça, messire ! Vous êtes celui qui a trahi.". Et Lucas dit, "Vous avez raison. Je vous ai causé suffisamment de tort à vous et à Talabheim. Je ne vous hanterai jamais."

Lorsque la tête du traître fut sur le point d'être coupée, il cria : "Vive le Grand-Duc et l'Empereur". Taidorf expliquera qu'il s'agissait d'un geste assez inhabituel : normalement, ceux qui sont sur le point de mourir reconnaissent leur culpabilité afin de ne pas emporter leur trahison dans le royaume de Mórr.

La mémoire de Taidorf est quelque peu défaillante, ce qui n'est pas vraiment surprenant. Il pourra orienter les PJs vers d'autres témoins. Il est ami avec Alberto, qui conduisait le chariot amenant les prisonniers à l'exécution. Il est maintenant à la retraite, mais Taidorf sait où il vit. Il se souvient aussi d'avoir vu une brochure sur l'exécution, bien qu'il ne sache pas ce qu'elle disait car il ne sait pas lire. Il pense que c'est le scribe du magistrat présent qui a enregistré et publié les événements de la journée. Il n'est pas sûr, mais il pense que l'auteur s'appelle Plundervich et qu'il est peut-être encore magistrat. Il n'a aucune idée du nom du magistrat qui a assisté à l'exécution, ni de l'endroit où les PJ pourraient trouver une copie du pamphlet.

Salle des archives

Si les PJ s'adressent à la Salle des Archives pour trouver des informations sur un aspect quelconque de l'affaire, on leur demandera de remplir un formulaire. Il s'agit d'une demande pour découvrir si l'information est disponible. La recherche de cette disponibilité prendra deux à trois semaines. Après confirmation, l'information pourra être obtenue, ce qui prendra un temps similaire. Même Andrea Reuter ne parviendra pas à faire bouger l'administration plus vite. C'est la bureaucratie de Talabheim dans ce qu'elle a de plus monolithique.

Dossiers du procès
Les PJ n'ont pas accès au dossier du procès de Lucas Reuter. Lucas a été jugé à la Maison des Pairs par les Pairs, le jugement étant rendu par le Grand-Duc. Il s'est défendu lui-même car aucun pair n'a voulu parler en son nom et aucun avocat n'est autorisé dans cette haute cour. Les archives sont conservées par le Conservateur des Archives dans la Maison, et même les pairs n'y ont pas facilement accès.

Les tribunaux
Pour trouver un magistrat nommé Plundervich, il suffit de chercher dans les tribunaux de Talabheim et de demander si quelqu'un le connaît. Plus l'argent offert en pots-de-vin est important, plus vite on le retrouvera. Les PJ finiront par trouver quelqu'un qui le connaît et qui indiquera aux PJ la direction de la Basse-Cour d'Eldenstadt, l'un des quartiers les plus pauvres de la ville.

Magistrat Franco Plundervich II

Bien qu'il soit un magistrat très respecté dans les tribunaux inférieurs, Plundervich reste discret. Cependant, en traînant autour du tribunal d'Eldenstadt, les PJ pourront le rencontrer. Il n'aura aucun intérêt à parler aux PJ, sauf s'ils mentionnent le pamphlet. Dans ce cas, il les écoutera prudemment et, s'ils expliquent de manière cohérente ce qu'ils recherchent, il les invitera chez lui après la clôture du tribunal.

Plundervich vit avec sa gouvernante dans le quartier de Goldstrades. Homme grand et digne, à la chevelure argentée, il s'habille toujours d'un noir sobre. En fait, Plundervich est un individu triste et usé. Il est devenu magistrat pour faire plaisir à son père, alors qu'il ne voulait être qu'un écrivain et un artiste. Il n'aime pas non plus tout le système judiciaire de Talabheim. La seule oeuvre qu'il n'ait jamais fait publier est le pamphlet intitulé La Véritable Histoire du Brave Général Karl Reuter de Talabheim et de son Traitre de Frère Lucas, qui est basé sur les événements du jour et sur les récits des témoins. Il admet volontiers qu'il n'a pas adopté un point de vue objectif et qu'il s'est peut-être même laissé emporter par l'excitation.

Il ne possède qu'un seul exemplaire du pamphlet (Document du joueur 1) et pense que c'est le seul qui reste. Il le sort d'une boîte doublée de velours et laisse volontiers les PJ le lire s'ils font attention. Imprimé sur du papier brunâtre, le pamphlet contient une version exagérée de l'histoire de Reuter, agrémentée de propos chauvins. L'échange entre Karl et Annett est enregistré mot pour mot.

La Véritable Histoire du Brave Général Karl Revter de Talabheim et de son Traître de Frère Lucas.

Transcrit par Franco Plundervitch
Imprimé par Lochner & Karlov de Talabheim en l'an 2474 du signe des trois plumes.
En l'honneur du très brave Général Revter et de notre chef bien-aimé d'Ulric Grand-Duc Calgris.

Et c'est ainsi qu'en l'an de l'Empire 2473, le Grand-Duc Freidrich von Bildhofen du Middenland envoya une fois de plus son armée envahir nos frontières justement établies, s'emparant de ce qui par la sagesse divine d'Ulric nous appartient de droit. Le duc de Middenland, le nez tordu et l'épée tremblante, assis à Carroburg, regardait avidement vers Korltheim.

Sa mémoire pouvait-elle être si courte, ses conseillers si stupides, son cerveau encrassé par deux fois de bière bon marché de Carroburg, pour avoir oublié que nous avions vaincu son armée à Korltheim, il y a douze lunes ? Notre héros de ce jour était le Commandant Karl Reuter, défenseur de Talabheim, aimé de son peuple. C'est lui qui a personnellement tué le Seigneur Artis von Bildhofen en combat singulier. Le lord lâche, qui partageait le trait de famille des verrues avec son oncle le Grand-Duc, a agi comme un vulgaire bandit et non comme un bon chevalier dont les actions devraient être dictées par la chevalerie et l'honneur. Cela a mis un terme aux mensonges du Grand-Duc qui prétendait ne pas être au courant de ces raids.

Le sang du Seigneur a remué le coeur froid du Grand-Duc et il a convoqué une armée pour prendre Korltheim. Ils sont venus, forts de dix mille et un hommes. Ils ont promis notre terre en récompense de leurs sombres exploits. Nos hommes, de braves soldats taillés dans le Cratère, l'Oeil de la forêt, se sont levés pour leur faire face. A leur tête se tenait le Général Reuter et il ne montrait aucune crainte. Puis un loup est sorti des bois et s'est agenouillé devant le Commandant en signe d'honneur. Tout le monde pouvait deviner qui Ulric favorisait ce jour-là : la bataille a été sanglante, les corbeaux ont festoyé pendant de nombreux jours. Pourtant, Morr les accueillit tous dans son royaume, car ils n'étaient pas si nombreux. Au plus fort de la bataille, Lord Jughcim vit que le flanc gauche de Reuter était faible et l'attaqua. Cependant, le Général avait bien préparé son piège. Il a mené ses hommes au centre des rangs du Middenland, les brisant en deux, dispersant les hommes aux vents de Morr. Les habitants du Middenland rentrèrent chez eux en courant, la queue entre les jambes.

Mais le Grand-Duc du Middenland n'a pas tiré les leçons de notre victoire à Korltheim, il a encore envoyé ses hommes à la mort. Une année s'était écoulée et de nouveau deux armées marchaient à la rencontre l'une de l'autre. Le Général Reuter, car il avait été si bien élevé par le peuple, marcha à nouveau pour vaincre l'ennemi insensé. Son armée fut divisée en deux moitiés, ce qui faisait partie d'une tactique astucieuse pour tromper l'esprit lent des habitants du Middenland. A la tête de la seconde force marchait Lucas Reuter, frère du Général.

Mais bien qu'ayant les mêmes reins, les hommes étaient moulés de manière différente. Lucas avait vendu son âme pour un sac d'or, chaque pièce portant la tête du Grand-Duc du Middenland. Tout bon Talabheimer crachera sur son nom pour toujours. Lucas le traître a mené les braves fils de Talabheim, nés dans le Cratère du Soleil, dans une embuscade diabolique. Peu d'entre eux ont échappé à cet acte ignoble, laissant derrière eux leurs camarades tombés, volés et mutilés par leur lâche ennemi. Chargé d'or que Handrich ne voulait pas toucher, Lucas s'enfuit.

Ces survivants sont arrivés dans le camp du Général, portant avec eux le fardeau de leur sinistre trahison. En entendant leur histoire, Reuter a juré de se venger de son frère, disant à son armée que Lucas serait pendu à une potence dans la semaine. Guidé par la lumière de Mannslieb, il voyagea de nuit et lança une attaque sur le camp du Middenland. Pour chaque fils de Talabheim tué dans l'embuscade, trois du Middenland étaient pris par vengeance. Avant le lever du soleil, ils ont couru vers les forêts. Lucas Reuter, alourdi par son or ensanglanté, courait le plus lentement du monde. Comme le nouveau jour se levait sur la victoire du Général, le traître maudit fut amené devant le Général.

Ainsi l'armée triomphante retourna à Talabheim, menée par l'héroïque Général Reuter à la tête de ses braves hommes. Sur le bord de la route, les veuves pleuraient leurs pertes mais remerciaient les dieux que leurs maris soient tombés pour défendre Talabheim et l'Empire, au nom d'Ulric et de Sigmar. Les hommes qui ne rejoignirent pas la cause du Général ne purent que baisser la tête de honte. On se réjouit de la défaite des Middenlanders et de l'émoussement de leurs épées.

En un instant, la joie s'est transformée en haine, car le traître Lucas et ses partisans ont été traînés dans les rues derrière un cheval. Comment une mère a pu donner naissance à deux frères si différents, l'un béni par Ulric tandis que l'autre suçait le sang de Khaine ? Son visage n'exprimait aucun remords pour les deux cents personnes qu'il avait tuées pour rien de plus que l'argent du sang des habitants du Middenland.

Même s'il aurait dû être tué comme un chien enragé, son frère a insisté pour qu'il soit jugé équitablement par des hommes de bien. Outré par son mal, la sentence a été proclamée au nom d'Ulric et du Grand-Duc. La hache de Verena devait lui arracher la tête des épaules et le rendre à Morr.

Pris, le lendemain matin, de la prison de Cantor, la charrette le conduisit à Brandorf Platz. Pendant tout ce long voyage, il fut raillé et maltraité par ceux qu'il avait trahis. En entrant sur la place, il vit le Général et lui cracha des insultes grossières jusqu'à ce que le garde lui donne un coup sur le crâne.

Traîné sur l'estrade, le Magistrat lui demanda s'il avait des dernières paroles, et il répondit : "Mon frère. Je te hanterai jusque dans ta tombe comme tu m'as fait du tort." La foule l'a hué mais sa femme a pris la parole. "Je te le demande Lucas, nous ne t'avons fait aucun mal que tu n'as pas provoqué toi-même et tu mérites cette vengeance." Lucas a eu l'air triste et a dit : "Annett, je t'ai aimé pendant si longtemps et mon frère nous a fait du tort à tous les deux. Je ne te hanterai jamais." Puis, à la vue de la foule rassemblée et de tous les dieux, la hache tranchante de la justice s'abattit sur son cou.

Ainsi, Korltheim resta dans les frontières légitimes du Grand-Duché de Talabheim, et le traître fut puni. A Carroburg, le Grand-Duc se recroquevillait comme un enfant, effrayé par le plus grand héros jamais venu de Talabheim. Le général Karl Reuter. Si les intrus revenaient, il savait que ce grand homme leur mettrait le nez dans le sang.

Tout ce que je vous ai dit est vrai. Je le dis devant Ulric et Barrer. Puissent-ils protéger Talabheim, notre bien-aimé Grand-Duc et le Général Reuter. Puissiez-vous raconter cette sombre histoire à vos enfants et puissent-ils la raconter à leurs enfants, afin que le sang versé ne soit pas oublié et que Talabheim se souvienne de qui sont ses ennemis.

Chasseurs de têtes : Document du joueur 1
Les derniers mots du condamné se lisent comme suit : "Le magistrat lui a demandé quelles étaient ses dernières paroles et il a répondu : "Frère, je te hanterai jusqu'à ta tombe car tu m'as fait du tort". La foule l'a hué mais sa femme a pris la parole. "Je te le demande Lucas, nous ne t'avons fait aucun mal que tu n'as pas provoqué toi-même et tu mérites cette vengeance." Lucas avait l'air triste et a dit : "Annett, je t'ai aimé pendant si longtemps et mon frère nous a fait du tort à tous les deux. Je ne te hanterais jamais."

Cela devrait donner aux PJs la raison pour laquelle le fantôme est revenu maintenant et peut-être aussi qui est le fantôme. Plundervich sait que Lucas Reuter a été jugé au tribunal de la Maison des Pairs ; un "honneur" inhabituel pour un roturier, mais qui montre à quel point les émotions étaient fortes à l'époque. Il n'y avait aucune chance qu'il soit reconnu innocent et il a été condamné à la mort par décapitation, passant ses dernières nuits dans le redoutable donjon de Tarnhelm. Le Magistrat qui a présidé à l'exécution était le Seigneur Schenk. "Un bâtard vicieux", selon Plundervich et "qu'il vaudrait mieux être mort".

Alberto
Alberto (il ne se souvient pas d'avoir eu un nom de famille) était le conducteur de la charrette qui emmenait "Lucas" sur la plate-forme. Il a été employé par la prison pour cette tâche et pour divers autres petits travaux. Il est maintenant à la retraite et vit chez lui avec sa famille élargie. C'est un homme simple et gentil qui a toujours des petits-enfants qui jouent autour de lui.

Il se souvient parfaitement du jour de l'exécution. Les rues étaient bondées de gens qui raillaient, et il a été frappé par des fruits pourris que l'on jetait sur le traître. Lucas essayait de dire quelque chose à Hans le garde tout au long du trajet (qu'Alberto ne pouvait pas entendre à cause du bruit) mais lorsqu'ils sont arrivés près de la Platz, Hans l'a frappé violemment et lui a dit de "fermer sa bouche de menteur". La foule l'a applaudi. Après avoir enlevé Lucas du chariot, Alberto est retourné à la prison. Il y avait trop de monde pour attendre et Alberto n'a jamais beaucoup aimé les exécutions.

Alberto sait que le gardien Hans a été tué dans une bagarre de ruelle deux nuits plus tard. Cela ne l'a pas beaucoup surpris car il se battait toujours. Alberto s'en souvient clairement, car c'était la nuit suivant l'incendie du poste de garde de la prison. L'incendie a tué deux des gardiens (dont Regear, si les PJ le demandent).

Après l'exécution, Alberto a ramené le chariot pour le corps. Lui et deux gardes ont mis le corps sur le chariot sous la supervision de Krel, un clerc de Mórr. Ils l'ont ensuite emmené au temple d'Ulric où Krel a placé la tête sur le pieu près de la porte principale. Le corps a été emmené dans le bosquet des traîtres et a été enterré dans une tombe non marquée. Alberto a entendu dire que la tête a disparu peu de temps après, mais il n'est pas vraiment sûr de ce qui lui est arrivé. Au fil des ans, il a rencontré occasionnellement Frère Krel et l'un des soldats qui montaient la garde lors de l'exécution, le Capitaine Farr.

Soldats
Le Capitaine Farr est un membre de la garde de la ville. Vétéran endurci, il a été blessé il y a dix ans et ne peut plus marcher sans canne. Il passe désormais ses journées à former l'infanterie. Les PJ le trouveront soit sur le terrain d'entraînement, soit dans une auberge voisine. Si les PJs se sont fait un ennemi de Siegfreid Reuter, Farr refusera de leur parler.

Le capitaine Farr se souvient clairement de l'exécution. Il était une nouvelle recrue et avait reçu l'ordre de garder la plate-forme. Il ne se souvient pas d'avoir entendu les dernières paroles du prisonnier, mais il se rappelle que Lucas est mort courageusement. Beaucoup de prisonniers se débattent sur la plate-forme ou se salissent, mais pas lui. Si on lui demande, il se souvient que Lucas a été sévèrement battu, mais que c'était normal. Après l'exécution, on leur a ordonné de prendre la tête et de s'assurer que le corps soit placé entre les mains de l'Ecclésiaste. C'était Krel. Ils ont pris la tête pour la placer sur les piques du Temple d'Ulric et elle est restée là pendant un mois avant qu'ils ne la descendent et la perdent. Farr n'était pas là, mais il a entendu dire qu'il y avait une sorte d'émeute et que c'est pour ça qu'elle a été égarée.

Le deuxième garde ce jour-là était Stefan Shawtz, un ami de Farr. Il est mort quelques années plus tard à Kislev d'une blessure gangreneuse.

Krel
Toujours actif, les PJs rencontrent le frère Krel alors qu'il est occupé à embaumer un cadavre. La cinquantaine, il est complètement chauve et a pris beaucoup de poids depuis qu'il est initié. Dès que les PJs lui posent des questions sur l'exécution, Krel devient très embarrassé, sa tête devenant rouge betterave. Il voudra savoir pourquoi les PJ enquêtent, mais se contentera de n'importe quelle réponse. Si les PJs mentionnent le fantôme, ils risquent d'impliquer le culte (un choix pour le MJ) et s'ils mentionnent Magnus Reuter, ils lui font courir le risque d'être censuré pour ses actions.

Krel est embarrassé parce qu'il a perdu la tête de Lucas Reuter (ce dont ses pairs lui parlent encore). Il était alors un initié, et c'était son premier test de responsabilité. Après l'exécution, le corps a été emmené au sanctuaire en attendant de récupérer la tête. Le corps devait ensuite être enterré dans le buisson du traître, à l'extérieur de la forêt. Cependant, lorsque lui et quelques soldats (dont il ne se souvient pas des noms) sont allés retirer la tête de la porte du Temple d'Ulric, ils ont constaté qu'une foule immense s'était rassemblée, composée principalement d'apprentis locaux. Alors que Krel enlevait la tête du pic, la foule s'est levée et a fait tomber l'échelle. La tête s'est envolée de ses mains et a atterri dans la foule. Les apprentis l'ont attrapée et ont couru vers la vieille ville. Les soldats qui accompagnaient Krel lui ont sauvé la vie en attrapant l'échelle avant qu'il ne soit projeté. Les apprentis se sont ensuite livrés à un énorme match de football, en utilisant les buts des portes est et ouest.

Ce grand match est devenu une sorte d'événement annuel et les apprentis utilisent le cri de ralliement "Haut les têtes" à chaque fois qu'ils se réunissent. Krel a assisté aux matchs les premières années, mais la tête avait été remplacée par une vessie de porc. Quelques années plus tard, le temple a appris que la tête était exposée dans la maison d'un certain Pedro Calope. Ils se sont rendus dans la vieille ville et ont fouillé sa maison, mais en vain. Il n'y avait aucun signe de Calope ou de la tête. Krel se souvient que la maison était près de la Vieille Maison des Pairs, mais il ne sait pas où exactement.

Rumeurs d'une tête

La vieille ville est la partie la plus délabrée et la plus redoutée de Talabheim. Peu de gens l'habitent, à l'exception des pauvres, vivant dans et entre les grands bâtiments de ce km carré qui était autrefois la ville de Talabheim. Les murs qui l'entourent donnent aux étrangers un réel sentiment d'enfermement. Le jour, il ressemble à n'importe quel autre quartier pauvre, mais la nuit, c'est un endroit à craindre.

La tête de Lucas Reuter est une sorte de légende dans la vieille ville, et beaucoup de personnes âgées se souviennent encore d'histoires à son sujet. Les PJ agressifs ou nobles n'iront pas loin avec leurs questions, mais les PJ habillés et agissant comme ces pauvres citoyens pourront les attirer pour parler. Voici quelques rumeurs et histoires courantes qui circulent dans les rues :
+ "La tête de Lucas Reuter, hein ! J'ai entendu dire qu'elle avait été volée par un nécromancien. C'est vrai ! Il a volé le corps du traître dans le sol et l'a reconstitué. Un jour, il dirigera une armée contre nous, crois-moi."
+ "C'était quand j'étais gamin. Je les ai vus le mettre sur la pointe du temple. Je ne veux pas l'admettre maintenant, mais j'ai fait des cauchemars pendant des jours à cause de ses yeux. Ils me fixaient droit dans les yeux. Mon père est allé le voir plus tard chez un type Tiléen, mais je ne voulais pas y aller. Il l'avait mis en exposition et ils disaient qu'il parlait. Je ne peux pas dire si c'est vrai, mais je ne dirai pas non plus que ça ne l'est pas."
+ "Le Tiléen l'avait, mais il l'a vendu à une voyante. C'était une femme - je l'ai vue à la maison moi-même. Est-ce que la tête a crié ? Oh oui. Non que je l'ai jamais entendu moi-même. En tout cas, c'était une jolie jeune femme. Madame truc ou machin. J'ai entendu des rumeurs selon lesquelles le Tiléen avait des problèmes, peu après, alors il est parti et n'est pas revenu depuis."
+ "Le traître ? Oui, ils avaient sa tête sur une table. L'ai-je vu moi-même ? Non, non, mais je l'ai entendu dire de l'ami fiable d'un ami. Pour un shilling, vous pouviez entrer et la regarder. Pour une couronne, vous pouviez placer votre main sur sa tête et prêter serment. Si vous mentiez, il hurlait. Ça vous donnait des frissons dans le dos."
+ "Pedro ou quelque chose comme ça qu'il s'appelait. Un étranger en tout cas. Il avait la tête mais j'ai entendu dire qu'il a été assassiné pour ça. Elle porte malheur, cette tête. Elle aurait dû être enterrée sous la protection de Mórr et on en aurait fini avec elle."
+ "Ce sont les apprentis qui l'ont prise, eux et leur satané ballon de football. J'ai entendu dire que l'un d'eux l'a empaillé et l'a mis en exposition."
+ "J'ai entendu que le Général lui-même est venu et l'a repris. Je ne sais pas ce qu'il en a fait. Peut-être qu'il l'a donné à ses chiens."
+ "Ma mère a vu la tête. Chaque année, le jour de sa décapitation, elle flottait dans les rues, enflammée et maudite. Elle attaquait tous ceux qu'elle voyait. Je pense qu'ils ont fait venir quelqu'un pour l'arrêter. Ça a dû fonctionner, n'est-ce pas ?"
+ "Va te faire voir. Les gens ont mieux à faire que de raconter des conneries sur des têtes disparues. Oui, bien sûr que j'en ai entendu parler."
+ "J'ai entendu dire qu'un village en dehors du cratère l'avait. Ils l'utilisent comme seau à crachat probablement."
+ "Je parierais qu'un de ces artisans a la tête. Il aurait été un apprenti alors, bien sûr. Je n'ai aucun respect pour ces apprentis, je te le dis. Mais quand ils deviennent maîtres, tout change, n'est-ce pas ? Maître ceci, Maître cela."
+ "Pedro. J'avais l'habitude de boire avec lui. Il a fait un joli bénéfice avec cette tête. Il l'a revendue quand il est retourné en Tilée."

Pedro Calope
Calope était un Tiléen qui vivait dans la ville au moment de l'exécution. Voyant un profit rapide, il a trouvé sa propre "tête du traître" à exposer. Il a attendu que les choses se calment et l'a exposée pour un sou la visite. Avec le temps, la croyance s'est répandue que si l'on tenait la tête pendant qu'on prêtait serment, elle crierait si le preneur de voeu n'avait pas l'intention de respecter son serment. Que cela soit vrai ou non est une autre question. Cependant, peu se souviennent de l'endroit où il a vécu et les histoires divergent quant à ce qu'il est devenu. Certains disent qu'il est retourné en Tilée, d'autres qu'il a été assassiné ou arrêté. En vérité, c'était un charlatan et un voleur à la petite semaine dont le passé l'a rattrapé et qui a dû quitter Talabheim. Avant de partir, il a vendu la tête à Madame Kreltir, une voyante et mystique locale.

En demandant dans les rues, vous obtiendrez les rumeurs ci-dessus. En persistant, vous arriverez dans la rue de Pedro, où l'on vous indiquera la maison de la vieille "Ma". C'est dans une maison de ville délabrée que la vieille "Ma" loue ses chambres. Elle parlera aux PJs, mais si vous vous sentez méchants, demandez-lui de les envoyer à travers la ville pour quelque chose d'insignifiant (un oeuf mariné ou un pot de miel). Elle confirme que Pedro a vécu dans la maison pendant un certain temps, mais qu'il est parti quelque part pour montrer la tête. Il est revenu plus tard cependant, en ayant peur. Il a finalement vendu la tête à Madame Kreltir, qui essayait de l'acheter depuis des semaines.

Esprit es-tu là ?
Les voyants, les mystiques et les astrologues sont populaires dans la vieille ville et beaucoup ont élu domicile ici. En demandant autour d'eux, les PJ trouveront quelques femmes voyantes, souvent appelées Madame. Avec un peu de persévérance, ils finiront par trouver Madame Kreltir, une femme âgée et ridée. Fragile et malade, sa fille s'occupe d'elle. Une séance coûte 2/6 par personne et sa fille ne permet à personne d'entrer sans payer. La chambre de Kreltir est remplie d'objets prétendument mystiques, tous destinés à impressionner mais sans la moindre signification occulte.

Madame Kreltir est une véritable voyante, bien que son pouvoir soit limité. Elle a la capacité de communiquer avec les morts et de voir l'avenir. Elle est également assez rusée et expérimentée pour ne dire aux gens que ce qu'ils veulent entendre. Elle a acheté la tête de Pedro pour de l'or et une aide spirituelle (ses conseils sur la meilleure façon de quitter la ville). Elle la voulait pour communier avec lui, mais a découvert qu'il ne s'agissait pas de Lucas, mais d'un vulgaire voleur nommé Marko. Elle l'a découvert en communiant avec l'esprit du défunt, qui a cependant ajouté que Karl Reuter avait encore beaucoup de choses à raconter d'outre-tombe. Elle n'a aucune idée de ce qui est arrivé à la tête de Lucas, bien qu'elle ait entendu une rumeur selon laquelle les apprentis la conservaient.

Des citoyens respectables

Les artisans de la ville sont concentrés dans les quartiers des Silverstrades et des Goldstrades. Aujourd'hui maîtres dans leur domaine, beaucoup se souviennent des incidents d'il y a trente ans. Ceux qui n'étaient pas là connaissent tous quelqu'un qui a été impliqué dans le vol de la tête. Beaucoup sont quelque peu embarrassés par leur passé d'enfer. (Le fait que les PJ interrogent des artisans juste après avoir réprimandé leurs apprentis pour avoir été turbulents et ne pas avoir effectué leur travail correctement pourrait bien les faire rougir).

Tous ceux qui étaient là racontent à peu près la même histoire. Apprenant que la tête devait être enlevée du pic du Temple, ils s'y sont tous précipités après le travail. Quelqu'un a commencé à pousser et ils se sont retrouvés avec la tête au milieu d'eux. Assez spontanément, une partie de football a commencé et des équipes se sont formées autour des apprentis du quartier de Silverstrades contre ceux de Goldstrades.

Bien qu'ils l'aient appelé football, il s'agissait plutôt de rugby, le ballon étant plus souvent porté un peu partout. Les portes Est et Ouest (le temple d'Ulric) de la ville ont été choisies comme buts. Cependant, avant même que le premier but ne soit marqué, la tête avait disparu. Elle avait été jetée dans un jardin aux murs élevés. Un jeune apprenti fut élu ("tu es petit : ça sera toi !") et plongea à sa recherche mais ne la trouva pas. Il revint avec la vessie d'un cochon, volée dans la cuisine de la maison. On dit qu'elle a été exposée plus tard dans la vieille ville par un Tiléen.

L'apprenti en question était Fredrick Pohl et il travaille actuellement dans le quartier des Silverstrades.

Fredrick Pohl
Potier de métier, Pohl a sa propre boutique sur l'artère principale où il fait de bonnes affaires. Petit homme nerveux, c'est un bon potier et un vendeur exceptionnel. Sa technique n'implique pas une vente agressive, mais repose sur son amabilité innée. C'est un individu à l'air jovial, vêtu d'un tablier propre et paraissant très bien soigné. Debout à côté de ses marchandises à l'extérieur de la boutique, il engage la conversation avec les PJ sur la météo et les dernières nouvelles, tout en les complimentant subtilement. Il est prêt à rester debout et à parler toute la journée, mais dès qu'il est question du Général ou de Lucas Reuter, il semble nerveux. Il invitera alors les PJs dans sa boutique et dira à ses deux apprentis (maintenant heureux) d'aller voir ailleurs pendant une heure.

Pohl semble soulagé de dire la vérité sur la tête, car il y a beaucoup réfléchi ces derniers temps. Il y a trente ans, lorsqu'il est monté dans le jardin, il a rapidement trouvé la tête mais l'a cachée et a volé la vessie de cochon. Plus tard dans la nuit, il est revenu en douce avec un sac et a récupéré la tête.
Ne sachant qu'en faire, il l'a gardée dans un coffre. Il a fini par l'emmener à Klarfeld, sa ville natale. Son frère était mort dans l'embuscade à cause de la trahison de Lucas et il ne voulait pas que le corps de Lucas soit enterré. Là, il l'a remis à son père, Wilheim, qui l'a gardé. Depuis la mort de son père, il y a vingt ans, il n'est pas retourné à Klarfeld. Il ne sait pas si la tête s'y trouve encore.

Klarfeld

Le village de Klarfeld est situé dans le cratère et vit de l'agriculture. La plupart de ses produits voyagent sur une courte distance jusqu'à la ville pour être vendus. La mort de cinq jeunes hommes dans l'embuscade de Korltheim a été un coup dur pour cette petite communauté soudée, qui a détruit la majeure partie de sa génération. Le général Reuter est un héros ici. Le point central du village est la brasserie, qui est entourée d'une douzaine de maisons et d'autres bâtiments divers. Les vaches et les moutons se promènent librement dans la région et une petite foule d'enfants et de chiens qui aboient accueillent les PJ.

S'ils arrivent le soir, lorsque la plupart des gens sont dans la taverne, ils seront chaleureusement accueillis. S'ils arrivent dans la journée, ils seront accueillis par une jeune mère et invités à l'intérieur pour une fine soupe aux choux. Chaque fois que le nom du Général est mentionné, on porte un toast. Si le nom de Lucas ou le sujet de la tête est soulevé, un silence glacial s'installera. Quoi qu'il arrive, les PJ seront bientôt abordés à l'auberge par le sergent de garde Emmerich qui leur demandera pourquoi ils veulent savoir. Il est le seul représentant de la loi ici mais était auparavant sergent en ville (il exploite également les terres).

Lorsque les PJs sortent et demandent où se trouve la tête, Emmerich admet qu'elle se trouve dans le village. Chaque année, on la sort, on l'attache à une mule et on la fait défiler dans les rues pendant que tout le monde lui crie des insultes et lui crache dessus. C'est leur revanche sur Lucas, une façon de se souvenir des morts et une excuse pour boire un bon coup. Ce festival a lieu dans deux jours et Emmerich laisse entendre qu'il pourrait être détourné par la suite. Comme le crâne a été retrouvé au village, Emmerich sait qu'il vaut mieux le laisser partir plutôt que d'attirer les ennuis ici. Les PJ peuvent voir le crâne s'ils le souhaitent. Il est caché dans une boîte en bois solide dans la maison d'Emmerich. Ils sont invités à se joindre à la fête, qui sera une affaire de tapage et d'ivresse.

Si Emmerich apprend que le crâne est celui du Général, il sera anéanti. Il le donnera immédiatement aux PJ, en leur disant qu'ils doivent faire ce qu'il faut le plus rapidement possible. Emmerich a une profonde loyauté envers le Général, ayant été l'un de ses hommes pendant de nombreuses années. Auparavant, il avait servi sous les ordres de Lucas lorsqu'il était mercenaire.

"Le général était courageux et intelligent", commence-t-il, "et il prenait soin de nous, ses hommes. Cependant, après la mort de son frère, il a changé. Il ne nous a plus jamais dirigés depuis le front et était extrêmement prudent. Ses tactiques étaient encore bonnes, et il pouvait encore inspirer ses hommes, mais à la fin, sa blessure était trop lourde à porter pour lui. Il s'en voulait pour la mort de Lucas.

Je crois qu'il pensait qu'il n'aurait jamais dû donner le commandement à Lucas. C'était un homme méchant, Lucas, qui détestait Karl. Il lui reprochait une blessure causée par un carreau d'arbalète qu'il s'était pris dans l'épaule. Il était destiné à Karl mais l'a touché par erreur. Son bras n'a plus jamais été le même après ça. Je pense que Karl n'a jamais réalisé à quel point Lucas le détestait."

Cette déclaration contient l'indice qui permettra aux PJs de prouver que Lucas s'est fait passer pour Karl. Car Lucas a toujours la cicatrice de cette blessure. Ce que les PJ pourront faire de cette information est une autre question.

Nous avons la tête

Lorsque les PJ quittent le village, ils devraient avoir la tête manquante en leur possession et réaliser qu'il s'agit en fait de celle de Karl Reuter et non de son frère Lucas. Il y a un certain nombre de choix possibles à partir de là.

S'ils choisissent de ne rien faire, le fantôme continue de hanter Lucas et il meurt, ayant été rendu fou, dans l'année. Cependant, cela permet d'enterrer le fantôme de Karl Reuter. Cela signifie également que les PJ ne seront pas payés et qu'ils pourraient bien avoir gagné l'inimitié de la famille survivante.

Les PJs pourraient donner la tête à la famille, leur raconter l'histoire et les laisser s'en occuper eux-mêmes. Dans ce cas, Andrea décide qu'elle ne doit aucune loyauté à Lucas Reuter, même s'il est son vrai père, et décide de l'abandonner à son sort. Elle cache la tête, les PJ sont payés (le montant est laissé à l'appréciation du MJ), et une fois que Lucas est mort, elle s'arrange pour que son frère organise les cérémonies nécessaires pour donner à la tête une sépulture décente.

La seule façon d'enterrer le fantôme sans que Lucas ne meure d'abord est de retirer le corps du Bosquet du Traître et de l'enterrer avec la tête dans le cimetière de la ville. Cependant, cela va entraîner un certain nombre de problèmes. Le principal est de récupérer le corps. Personne en dehors du culte de Mórr ne connaît son emplacement exact, et ils ne donneront pas cette information librement. Pour l'obtenir, un membre de la Maison des Pairs doit donner sa permission. Pour convaincre un Pair et le Culte, une bonne explication de la raison pour laquelle ils devraient accéder à une telle demande doit être donnée. Si les PJ ont la plupart des faits et peuvent les présenter de manière cohérente, ils peuvent probablement persuader un ou plusieurs Pairs de les soutenir, ce qui leur donne une bonne chance d'obtenir la permission.

Cependant, cette solution pose des problèmes. Raconter l'histoire signifie révéler le secret du Général. Les enfants Reuter s'y opposeront, mais ils n'ont pas le pouvoir de faire déplacer le corps eux-mêmes. Si les PJ peuvent trouver quelqu'un de discret, le convaincre de l'histoire et travailler dans le cercle de contacts de Magnus, ils pourront peut-être contenir les rumeurs et obtenir que le corps soit enterré dans la ville. L'esprit agité reposera en paix, la réputation de la famille et du général ne sera pas entachée, et les enfants pourront vivre leur vie normalement. Dans une telle situation, les PJs auront gagné des alliés en Andrea, Magnus et à un moindre degré Siegfreid Reuter (ou au moins une faveur de leur part).

La voie qui est garantie pour contrarier tout le monde est de rendre l'information publique. C'est une mauvaise idée, car les PJ ne seront pas crus et ils souffriront beaucoup de leurs actions. Cependant, des doutes seront semés sur la vérité et la réputation du général sera assombrie, ce qui affectera les trois enfants plus que quiconque.

Enfin, qu'en est-il de Lucas Reuter ? Si le fantôme est enterré, il se rétablit mais n'est plus que l'ombre de lui-même. Il se retire du monde et meurt quelques années plus tard. Si le sergent Emmerich apprend la vérité, il retrouvera et tuera le Général en quelques mois.

Points d'expérience
Ces points sont laissés à l'appréciation du MJ.

Un scenario complet par John Foody