Parravon
Parravon se situe sur la rive nord de la Grismarie supérieure adossée aux contreforts d'élévations de terrains calcaires. C'est une ville absolument impressionnante, taillée à même la roche des montagnes. Elle fait partie d’un affleurement situé à l’extrémité d’un éperon rocheux des Montagnes Grises et la Grismerie coule à ses pieds. Les maisons s'alignent au fond de la vallée sur quelques 6 km sans que jamais l'agglomération ne dépasse la largeur de 3 ou 4 rues. Au fil des millénaires, les habitants de Parravon ont creusé leurs logements, leurs boutiques, leurs murs, leurs chapelles du Graal et leurs palais dans la falaise ou ont leurs caves creusées à même la roche tendre.
Les lois somptuaires de Bretonnie veulent que seuls les nobles puissent utiliser de la pierre pour leurs constructions. Toutefois, les ducs de Parravon n’ont jamais voulu que des bâtiments de bois défigurent leur somptueuse cité et ils ont donc soutenu pendant longtemps que pour un paysan, vivre dans un bâtiment creusé dans la pierre n’était pas différent de vivre dans une grotte. En fait, étant donné la qualité de bien des demeures de paysans à Parravon, la différence est effectivement minime. Les riches marchands de Parravon poussent naturellement cette logique au maximum.
Des centaines d'oiseaux font leurs nids dans les falaises et ils viennent ponctuer de blancs les toits de tuiles rouges de cette pittoresque cité. A cet endroit, le fleuve est étroit et la limite extrême de navigabilité pour les grands bateaux est située à l'extrémité nord de la ville, là où des entrepôts sont taillés à même la roche. Les citoyens de Parravon aiment à se considérer comme de simples campagnards et ils prospèrent assez bien, se développant à partir de récoltes abondantes de fruits et de grains dans la campagne avoisinante.
Parravon est la seule ville de Bretonnie dotée d’un nombre significatif de nains. La plupart étaient à l’origine des expatriés de l’Empire, mais certains venaient directement des forteresses naines des Voûtes et des Montagnes du Bord du Monde. Il existe aujourd’hui des familles de nains qui vivent ici depuis des générations, bien que leurs membres restent toujours un peu à l’écart des citoyens humains.
Les tours élancées du château de Parravon, siège du pouvoir ducal, dominent le sommet de l’affleurement. Comme le reste de la cité, il fut creusé à même le roc et n’a par conséquent pas été beaucoup modifié depuis sa fondation, il y a deux mille ans.Toutefois, les ducs ont eu besoin de plus d’espace et ils ont étendu le château en prati quant une série de galeries étendues.
Les chambres souterraines sont chose commune à Parravon, car elles demandent généralement moins de travail que la construction de bâtiments en extérieur. Les tunnels reliant ces pièces sont également courants et certaines galeries qui s’enfoncent dans la montagne permettent de disposer d’espace de stockage supplémentaire. On dit qu’on peut se rendre de n’importe quel endroit de la ville à un autre sans avoir à faire plus de dix pas à l’air libre. Certaines parties des tunnels ont été abandonnées par les humains et des créatures plus sinistres y ont élu domicile.
C'est à Parravon que, isolé des grandes cités du nord, les dames et les Seigneurs de la cité assouvissent leur caprice pour le jardinage et les plaisirs, à la recherche d'une nature superficiellement saine, à des lieux des sommets de la décadence que l'on pratique à Guisoreux ou à Couronne. Mais, même dans ce fruit, le ver du Chaos est à l'oeuvre car, quand le soleil se couche, la cité change de physionomie. La nuit venue, les citoyens se barricadent à l'intérieur de leurs maisons, sourds à tout appel à leur hospitalité. Car Parravon est affligé d'un mal mystérieux, harcelé par les cavalcades de quelques bêtes ou démons qui hantent ses nuits, pénétrant dans les maisons et emmenant avec eux des familles entières. Seuls les aristocrates semblent épargnés par ce fléaux et certains Parravonais ne manquent pas de les blâmer de tous ces problèmes. D'autres maudissent les sorciers de la cité pour leurs interventions, on parle à voix basse de sorcières ou de ceux-qui-changent-de-formes. Mais, jusqu'à présent, rien n'a pu être prouvé et les seigneurs s'assurent que les rues sont régulièrement surveillées, que les gardes surveillent la cité et que les citoyens qui profitent de la situation reçoivent leur juste récompense.
Le château de Sanglac
Le château de Sanglac est une bâtisse abandonnée au cœur des Montagnes Grises. Un siècle auparavant, des messagers y trouvèrent les cadavres des membres de la famille noble qui y vivait, mêlés à ceux des orques qu’ils avaient tués. Ce n’est pas là chose extraordinaire et une autre famille reçut l’autorisation d’y envoyer un fils puîné pour qu’il gère l’endroit. Au bout de dix ans, sa famille entière avait été massacrée par les orques. Le seigneur suivant était un chevalier ayant des années d’expérience du combat contre les orques des montagnes, mais au bout de quinze ans, il finit de la même façon.
à partir de cet instant, les gens décidèrent que les orques pouvaient bien prendre le château : il n’était pas si précieux, après tout. Les orques s’y installèrent, mais les pisteurs envoyés à la recherche des victimes d’un enlèvement trouvèrent le château plein de cadavres de ces créatures, comme si elles s’étaient entretuées. Une fois encore, cela n’avait rien d’inhabituel, mais le phénomène se reproduisit, et récemment, même les orques ont abandonné l’endroit. Il semble qu’il existe un groupe d’orques qui ne veulent vraiment pas que quelqu’un s’installe ici, ce qui suscite une question bien naturelle : pourquoi ?
La clairière des enfants
Dans les profondeurs des forêts du Parravon, se trouve une clairière entourant un bassin d’eau calme et profond. L’endroit est entouré de poupées à divers stades de décrépitude et on y trouve généralement une poignée de bretonniennes.
C’est parce que les fées rendent parfois les enfants dans cette clairière. Les fées ne sont pas parfaites et elles prennent parfois un enfant dépourvu de talent magique. Quand cela se produit, elles ramènent l’enfant dans cette clairière et si elles y trouvent une femme adéquate, elles le laissent à ses côtés pendant qu’elle dort. La femme abandonne ici la poupée de son enfant disparu en guise de remerciement.
Les fées ne laissent des enfants que si toutes les femmes de la clairière sont endormies. S’endormir sans surveillance au beau milieu de la forêt n’est pas particulièrement sûr et il n’existe aucun village près de la clairière, ce qui rend l’expédition dangereuse. De plus, la plupart des femmes ne reçoivent aucun enfant et on n’a presque jamais entendu parler d’une femme ayant récupéré le sien. Presque jamais. Cela se produit parfois et c’est un espoir bien suffisant pour une mère.