Gisoreux
C'est la plus grande des cités bretonniennes, avec une population qui atteint les 18000 âmes. La grande majorité de cette population est pauvre, infirme, malade et politiquement instable. En fait, les "gangs Guisoriens" sont des entités particulièrement craintes qui, fréquemment, descendent dans la rue pour se livrer à des orgies de vol et de violence. Stratégiquement, Guisoreux est une cité particulièrement importante; au confluent du fleuve et de la rivière Ois, elle contrôle les 150 km de la brèche qui séparent les Pâles Soeurs des Montagnes Grises. C'est de là que Gilles le Breton entama sa campagne de conquête des régions avoisinantes; celle qui devait mener à la formation de la Bretonnie. Une gigantesque statue de ce puissant guerrier domine la place centrale du marché.
Désormais, en dépit de son histoire illustre et de la place toute spéciale qu'elle s'est attribuée dans les annales de la Bretonnie, la cité de Guisoreux est entachée d'une misère et d'une décadence plus manifeste ici que dans toutes les autres cités de Bretonnie qui n'en sont pourtant pas exemptes. Les agitateurs et les voleurs sont les moins dangereuses des créatures qui hantent les centaines de kilomètres de tunnels désaffectés et d'égouts des souterrains de la cité. Là ce sont les ténèbres de passages effondrés et oubliés qui cachent les agissement des adeptes du Chaos. Généralement, ce sont des aristocrates en quête de nouveaux frissons, qui se sont laissés corrompre au cours de leurs perpétuelles recherches de nouvelles expériences de puissance et d'exotisme. Ils sont nombreux, parmi les nantis, ceux dont le goût pour le bizarre s'étend jusqu'à la vénération des Dieux des Ténèbres et qui ont trouvés, dans les souterrains de Guisoreux, l'abri et la discrétion dont ils avaient besoin. Le labyrinthe de passages constitue également une demeure pour de nombreuses créatures obscures et nuisibles qui cherchent le refuge de la noirceur, vivant des ordures de la cité du dehors, ou sortant furtivement à la nuit tombée pour s'assouvir aux dépens des faibles et des désespérés. Quoique la vénération des Dieux du Chaos ne soit pas ouvertement admise, dans cette abîme de décadence, l'opposition n'en est pas moins molle.
La ville de Gisoreux est une cité animée, pleine de négociants et de voyageurs qui font halte dans leur trajet le long de la Grismerie. Il y a plus de marchands impériaux à Gisoreux que dans n’importe quelle autre ville de Bretonnie, et ce pourrait bien être le seul endroit au monde dont les habitants ne pensent pas immédiatement à des marins quand on évoque Marienburg : un certain nombre de négociants faisant route par la terre viennent du Pays Perdu [ou Wasteland] par la trouée de Gisoreux. La cité comprend de beaux établissements de marchands accolés à des taudis décrépits, dont beaucoup étaient autrefois de splendides échoppes. Pour une raison mystérieuse, la prospérité des familles de marchands de Gisoreux ne dure jamais plus d’une génération.
La cité est dominée par le château de Gisoreux, énorme complexe tentaculaire qui court le long de la crête à l’est de la ville. Il ne compte qu’une courtine, mais elle se prolonge sur plus de mille six cents mètres et entoure deux vastes donjons ainsi que de nombreux autres bâtiments. Depuis que le duc a décidé de passer le plus clair de son temps en Couronne, la majeure partie du château de Gisoreux a été fermée. Sir Hincmar, l’intendant du duc, vit dans un des donjons, mais l’autre est désormais abandonné.
La partie de la ville la plus proche du château est réservée aux hôtels particuliers de la noblesse. On y trouve de grandes étendues vides, car la cité n’a jamais attiré autant de nobles qu’on l’espérait. Les seigneurs gisorois semblent préférer la campagne à la ville.
L'Oisillon
Le grand palais de Charles III Tête d'or est installé à l'Oisillon "à 150km au nord ouest de Gisoreux" (aux pieds des Pâles Soeurs).
Le château de Desfleuves
Le château de Desfleuves se trouve au centre de la trouée de Gisoreux. C’est le siège du pouvoir du marquis de Desfleuves, un jeune homme chargé d’organiser la défense du col tout entier. C’est un fils unique et un orphelin : sa mère est morte en couches et son père est décédé l’an passé. Jusqu’ici, Frédéric, le marquis actuel, fait honneur aux exploits de ses illustres ancêtres. Chevalier du Royaume, il a commencé à parler de trouver un intendant sûr afin de partir en quête du Graal.
Mais Frédéric Desfleuves a un secret : c’est une femme. Son père ne pouvait supporter l’idée de se remarier : aussi a-t-il élevé son enfant unique afin qu’il devienne son héritier. C’était une excellente décision, sauf sur un point. La seule autre personne vivante à connaître le secret du marquis est sa vieille nourrice, mais Frédéric (Frédérique ?) cherche désespérément quelqu’un à qui se confier, qui pourra l’aider à résoudre son problème : comment diable va-t-elle faire pour donner un héritier au domaine ?
Valfleury
Valfleury est une large vallée des Sœurs Pâles. Elle est particulièrement isolée (même pour cette région), bordée sur trois côtés par de hautes falaises, et par une abrupte déclivité au sud. Entrer ou sortir de la vallée nécessite au moins une journée d’escalade dans les montagnes. Toutefois, en raison de son orientation, son climat est curieusement doux : la vallée capture le soleil. La neige ne s’installe ici qu’au plus fort de l’hiver et pendant l’été elle est remplie de fleurs. Les vignobles y sont particulièrement florissants.
Il faut un certain temps pour apprécier le vin valfleuryssois, mais les amateurs ne jurent que par lui. Obtenir de l’authentique vin valfleuryssois est extrêmement difficile : les riches et les marchands de vin engagent souvent des aventuriers pour en convoyer.
Les habitants de la vallée se sont fait une certaine réputation, laquelle doit beaucoup aux agissements d’un chasseur de sorcières suspicieux qui chercha à démontrer qu’ils faisaient partie d’un culte secret. Il affirmait que les autochtones mettaient de la malepierre dans leur vin, mais une enquête prouva qu’il avait souillé le breuvage lui-même. On était sur le point de le noyer dans son propre tonneau souillé, mais comme des branchies lui poussèrent au moment d’exécuter la sentence, les gens se décidèrent finalement pour un bon bûcher. Depuis lors, les habitants accueillent les invités à bras ouverts mais ne font guère d’efforts pour répondre aux besoins de ceux qui désirent prolonger leur séjour.