L’Anguille
Largement connue pour son grand phare, l’une des merveilles du Vieux Monde, l'Anguille est une ancienne forteresse de taille considérable et sans rival en ce qui concerne la hauteur. Elle fut bâtie par les elfes, bien avant leur guerre contre les nains, pour devenir un grand port de commerce et la plupart des bâtiments d'origine ont survécu aux millénaires. Elle serait restée intacte pendant des millénaires grâce à la solidité de la construction et à des sorts puissants. Cependant, à l’intérieur de l’enceinte, tous les bâtiments sont de fabrication humaine et bien plus récents. Le plus ancien est le château, bâti sur une île au milieu du port et dominant tout le chenal avec ses engins de siège. Il est quelque peu désaffecté car le duc ne s’y est pas rendu depuis des années.
La tour du phare est, sans conteste, la plus haute construction du Vieux Monde. Elle se dresse à 500 mètres de haut et affecte la forme d'un octogone effilé de 150 m à la base, se terminant par une plate-forme de 50 m au sommet. Toute la construction est faite d'une étrange pierre noire et elle est creusée de tunnels et de salles. Elle est utilisée comme centre administratif de la cité ainsi que comme palais du Gouverneur. Elle abrite aussi le casernement des soldats de la cité. Au sommet, la plate-forme accueille un feu, entretenu en permanence à 25 m au dessus du sommet de la tour. On peut le voir, au dessus de la Mer Médiane, depuis Albion. On soupçonne qu'il devait servir de phare aux elfes lorsqu'ils naviguaient vers l'est sur le grand Océan Occidental qui semblait s'étendre sans fin. à leur première visite, les elfes montent invariablement au sommet du phare et aucun gardien n’oserait les en empêcher.
Le reste de la cité se resserre à l'abri de murs solides. L’enceinte de la cité s’étend depuis le phare, s’élevant à presque vingt mètres au-dessus des rues, son sommet étant assez large pour laisser passer dix cavaliers de front. Ces défenses sont entretenues. Toutefois, les membres de la confrérie du Phare ont tiré parti de l’absence du duc pour bâtir leurs quatre tours de garde. Ce sont de véritables petits châteaux armés de canons et conçus pour bénéficier du plus large angle de tir possible. Les membres de la confrérie ont également installé des plates-formes d’artillerie à l’extrémité des murs d’enceinte. Le gouverneur pourrait se plaindre au duc, mais la réponse de celui-ci passerait par l’intermédiaire de l’intendant, Godemar Fitzgodric, qui est chef de la confrérie.
Le Sannez divise la cité. Les berges du fleuve sont occupées par des quais solides pour les grands bateaux en route pour Couronne. L'Anguille, port de commerce important, est tout de même éclipsé par Marienburg dont la position sur le Reik ouvre l'accès vers le coeur du Vieux Monde. Comme toutes les cités bretonniennes, l'Anguille est chichement entretenue et la vie, pour la majorité des habitants, est dure et sordide. Toutefois, le travail est facile à trouver : les quais abritent des douzaines d'auberges où les capitaines de navires viennent enrôler des hommes d'équipages solides, ou engager les services de combattants.
Le château de Grasgar
Le château de Grasgar est le domicile actuel du duc Taubert et le plus grand château de Bretonnie. Il y a quinze ans, c’était un modeste pavillon de chasse, défendu par des douves et une palissade de bois. Désormais, c’est un fabuleux donjon dont les tours s’élèvent à plus de trente mètres de haut, entouré par des douves et une courtine. La construction d’une seconde courtine, encore plus grande, est actuellement en cours. Ce château est conçu pour servir de quartier général sûr à une armée.
Même aujourd’hui, il y a généralement cinquante chevaliers et plusieurs centaines d’hommes d’armes sur place, mais les futures casernes, dont la construction n’a pas encore commencé, pourront en abriter vingt fois plus. Toutefois, le duc Taubert ne veut pas d’un millier de chevaliers à son service et il aurait du mal à lever dix mille hommes d’armes. Il refuse d’en dire plus concernant l’objectif exact du château, mais tandis qu’il continue à combattre les hommes-bêtes, la plupart des gens pensent le deviner. Le Roy Louen Cœur de Lion garde un œil sur ces développements, mais il n’a pas ressenti le besoin d’interrompre la construction de la forteresse pour l’instant. Le duc Taubert n’est pas homme à montrer le moindre signe de félonie.
La Gueule du Dragon
La Gueule du Dragon est une région de la côte de L’Anguille située à un jour de voyage de la frontière avec le Lyonesse. Des dizaines de récifs effilés s’élèvent au-dessus des flots, en permanence baignés d’embruns en raison des vagues et des courants, comme s’il s’agissait de dents enveloppées d’un voile de fumée. C’est également la région où les tempêtes sont les plus fréquentes : on en essuie au moins une importante chaque semaine. Les marins pensent qu’entrer dans cette zone revient à courir à une mort certaine, mais il ne s’agit pas de superstition : les caractéristiques naturelles de la région sont assez dangereuses comme ça.
Toutefois, les négociants ont remarqué que ceux qui voyageaient par voie terrestre à quelques kilomètres de la région disparaissaient également. En fait, aucune personne fiable n’a vraiment vu cette région depuis plus de trois ans, et ceux qui sont partis l’explorer n’en sont pas revenus. Le duc ne fait rien, car cette zone est située sur la côte, et le seigneur local n’est pour le moment qu’un garçonnet de dix ans. Il offrira n’importe quoi à des aventuriers s’ils peuvent lui ramener son père…